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mardi 1 septembre 2015

Wikistasi

Sur Internet, en particulier si on n'y fait pas gaffe, tout peut se retrouver, et parfois en moins de deux minutes. Aujourd'hui, un petit exemple anodin, sans conséquence ; je garde donc les vrais noms, ça sera plus facile (et de toutes façons, comme l'indique la première phrase, même si je changeais les noms et inventais un histoire, il serait facile de tout retrouver en deux clics, si on sait se servir un minimum des outils disponibles à n'importe qui sur Wikipédia).

Ordoncques, ma lubie du moment sur Wikipédia, c'est de classer les ambassadeurs français (attention, on ne dit pas les ambassadeurs de France, c'est une distinction honorifique particulière) selon leur pays de mission (comme je n'ai pas encore réussi à réparer ma barre d'édition avec tous mes raccourcis utiles, ça me gave de rédiger des articles, donc je fais faire autre chose avec mes gadgets qui marchent). Évidemment, je ne me suis pas réveillé un jour en disant "tiens, si je triais les ambassadeurs sur wp", j'y suis arrivé par des chemins détournés, la fameuse sérendipité, vous savez le truc qui fait que vous vous retrouvez à classer des groupes de K-Pop à 3 heures du mat' alors que vous étiez initialement en train de rédiger un article sur le rendement des produits de fission nucléaire (toute ressemblance avec une situation réelle est évidemment fortuite).

Je tombe donc par hasard sur l'article d'un diplomate/conseiller politique avec une longue carrière, remontant à 1978, dans un état pitoyable, une vraie copie de CV. Après avoir annoncé ma "trouvaille" de façon un peu sarcastique sur un célèbre réseau social, et alors que je reprenais l'article entièrement à la main, je me fait griller la priorité par un autre Wikipdien, qui revient simplement à une version antérieure de l'article. Bon, je n'avais pas regardé l'historique, je pensais que l'article était comme ça depuis sa création (ça arrive couramment qu'un stagiaire/doctorant upload le CV/la liste des publications du Big Boss/Directeur de thèse pour se faire bien voir, et ça peut rester des années, surtout si l'article est un peu ancien, et date du temps où la surveillance des nouveaux articles était loin d'être systématique). Que nenni ! Cette fois, l'article initial était une modeste mais relativement acceptable ébauche, tout ce qu'il y a de plus classique, et c'est il y a un peu plus d'un an que l'article a été transformé dans l'état où il était il y a encore quelques heures.
L'histoire aurait pu s'arrêter là, si je n'avais pas eu du temps à perdre (en l'occurrence deux minutes montre en main). Le pseudonyme qui a effectué cette transformation (et qui n'a fait que cette modification sur Wikipédia) est EstherD75, et le sujet de l'article est donc un certain Dennis Delbourg. Esther. D. du 75. Je me dis que ça serait drôle, et je vérifie, sans trop y croire, en tapant avec un célèbre moteur de recherche le requête "Esther Delbourg".
Et là, surprise ! Toutes les premières places de résultats sont trustées par une seule et même personne, particulièrement bien référencée donc : son site perso, son compte d'éditeur sur le HuffPo, ses comptes sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Twitter, une vidéo sur Youtube, etc.). On tombe donc facilement sur le CV de la demoiselle, qui mentionne son parcours scolaire complet à travers le monde : Lycée français de New-York, Lycée français de Rio de Janeiro,  Henri IV puis Stanislas à Paris, etc. Coïncidence, les dates correspondent exactement à celles où Dennis Delbourg (dans la version de l'article postée par EstherD75, ces informations n'étant pas dans la version originale de l'article) était respectivement "Conseiller culturel à l'Ambassade de France aux Etats-Unis" en poste à New York, "Consul général de France" à Rio de Janeiro, puis "Conseiller diplomatique du Premier ministre" (à Paris, donc).

Alors, bon, je n'ai bien évidemment aucune preuve directe, juste ces indices, et une grosse présomption...
Et au pire, comme je l'ai dit plus haut, tout cela n'est pas très grave et ne porte pas à conséquence, il s'agit juste d'une modification un peu pro-domo, sur une article de Wikipédia vu moins de deux fois par jour (et encore, si on retire les robots...). On est loin du cas où des IP de la mairie de Levallois caviardent les articles sur les époux Balkany, ou d'autre cas célèbres par le monde, à tel point qu'il existe un outil pour détecter ce genre de choses...

C'est donc un exemple de plus, un peu plus naïf, mais ce que me fascine dans cette histoire, c'est la facilité et la rapidité à laquelle on peut trouver ce genre de choses, surtout avec des pseudonymes transparents, et des données en libre accès sur le net.

<analyse sociologique à 2 ronds>Sinon, si mes soupçons sont avérés, on a là aussi un exemple frappant que l'auto-promo maladroite transcende les générations et les classes sociales. On avait l'habitude avec des jeunes kikoolol qui viennent faire la promo de leur groupe de garage dans un français, disons, approximatif. On connaissait aussi les vieux conseillers en com' ne jurant d'habitude que par les médias tradi, et qui pointent un orteil tellement maladroit sur Internet qu'ils se font repérer instantanément et sont ensuite vivement chahutés pour leur amateurisme. On a cette fois un exemple avec une personne relativement jeune (on doit avoir le même âge), parfaitement intégrée au milieu internet, ou en tout cas usant de tous ses nouveaux outils de communication (avec succès si on considère son googlerank), et issue d'un milieu culturel ultra-favorisé (fille d'ambassadeur, Henri IV, prépa à Stan, ESSEC, thésarde à X)</analyse sociologique à 2 ronds>.

Rhadamante

mardi 24 janvier 2012

Rêves anarchiques

Dans la communauté wikimédienne, tout le monde a déjà parlé de SOPA ou de la remise sous copyright d'œuvres du domaine public (un pur scandale, ce truc là : si le domaine public est une propriété commune, n'est-ce pas un vol pur et simple ?) et en mieux que je ne peux le faire. Alors je vais parler d'autre chose, forcément.

J'ai vu passer ça hier soir sur Twitter : Koregos. Une encyclopédie dédiée aux Arts, créée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Textes volontairement pointus, signés et validés par un comité de lecture : la routine. La comparaison avec Wikipédia est inévitable : Le Vif le dit d'entrée : "Vous cherchez une doc sérieuse et gratuite sur les haïkus, la statuaire primitive ou l'orientalisme ? Oubliez Wikipédia." La Libre Belgique définit carrément le site ainsi : "Koregos, le Wikipédia qualitatif". Deux exemples, deux comparaisons en creux : Wikipédia, en gros, c'est pour les p'tits rigolos.

Bon, ce n'est pas la première fois qu'on nous sort ça. Des sites qui devaient révolutionner l'approche encyclopédique et corriger les erreurs de Wikipédia, on en a eu des tonnes. Parfois, ces sites n'étaient qu'une tentative de surfer sur la hype (vous vous souvenez de Larousse ?) ; d'autres fois, ce n'étaient juste que des portails spécifiques, ce qui est éventuellement très bien mais qui n'a pas grand chose à voir avec Wikipédia. C'est peut-être le cas de Koregos, je n'en sais rien. Si ça se trouve, c'est un excellent outil.

Une constante : Wikipédia n'est jamais présentée comme un modèle, toujours une anomalie. Le processus colaboratif n'est pas perçu comme une méthode viable, mais comme le chaos. Les contributeurs de Wikipédia ne sont jamais des types sérieux qui maitrisent leur sujet, mais des amateurs un peu dingues et vaguement immatures. Bref : le modèle wikipédien est erroné. Il n'existe que parce que les gens importants n'ont pas encore eu le temps de se pencher sur la question. Mais quand ils vont le faire, ça va poutrer sa culture !

Déprimant.

Oh, ce n'est pas l'accusation d'amateurisme qui est déprimante (après tout, c'est exact). Ce n'est pas non plus le vague sourire de commisération qu'on perçoit au détour de ces textes (haussons les épaules, c'est plus simple). Ce qui est déprimant, c'est cette incompréhension profonde de ce que signifie Wikipédia. Wikipédia, ce sont des types qui réalisent quelque chose juste en bossant ensemble. Wikipédia, c'est faire confiance aux gens. Wikipédia, c'est une technique simple qui fonctionne et on laisse les utilisateurs faire le reste. Wikipédia, ce n'est pas un comité qui décide des actions du jour. Wikipédia, c'est tout le monde qui se prend en main. Wikipédia, c'est la pensée positive du mec qui décide d'améliorer ce qui ne lui convient pas plutôt que de râler. Wikipédia, c'est l'idée incroyable que, oui, au fond, tout le monde est un être humain qui peut participer comme les autres. Wikipédia, c'est la liberté, la vraie, pas le concept théorique qu'on définit en le rabiotant de tous côtés. C'est vrai, Wikipédia a des tonnes de problèmes : la qualité est inégale, on y trouve de vraies pures conneries, les engueulades y sont parfois à se flinguer. Et alors ? Vous croyez que personne n'a jamais remarqué ça et n'essaye de corriger le tir ? Vous pensez vraiment que la meilleure chose à faire, c'est de balancer tout le système à la poubelle et de faire strictement l'inverse ?

Pour moi, Wikipédia est la preuve que si on a les moyens technologiques adéquats, on peut parfaitement laisser tout le monde décider selon ses capacités et ses désirs. C'est une pensée rassurante : toute la hiérarchie pesante des mecs qui décident pour vous, ce n'est pas une fatalité. Venez vous frotter un peu au projet : quand on tentera de vous voler vos droits, quand des types en costard viendront vous dire qu'ils savent mieux que vous ce qui est bon et bien, vous saurez un peu mieux si vous pouvez être d'accord ou au contraire leur faire un bras d'honneur.

mercredi 24 août 2011

Wikipédia n'existe pas

Donc, Wikipédia se meurt. Au moins, ça nous permet de lire trolls et contre-trolls, aucun ne parlant vraiment de Wikipédia mais plutôt de ses propres obsessions. Pour ma part, je pense que Wikipédia n'a jamais vraiment décollé. Oh, il y a bien ces millions de fiches sur tout un tas de sujets, je ne le nie pas. C'est important, bien sûr.

Wikipédia pour moi, c'est un état d'esprit : si on peut apporter quelque chose au projet, on l'apporte. Et c'est tout.

En vérité, Wikipédia est un projet créé par des types qui n'y avaient jamais songé, fréquenté par des types qui le détestent et géré par des types n'y croient pas. La participation volontaire n'y est perçue que comme un moindre mal, en attendant de passer aux choses sérieuses (faites, bien entendu, par des personnes sérieuses). Il faut attirer les universitaires. Il faut contribuer avec les musées. Il faut nous insérer dans le monde des milieux autorisés. Oui, oui, bien sûr, c'est important aussi. Mais personne n'ira se battre pour recruter 100 000 contributeurs pour qu'ils aillent écrire sur le sport, les jeux vidéo, leur ville de naissance ou les mille trucs bizarres qu'ils sont seuls à connaitre. Et pourtant, c'est ça, Wikipédia.

Non, Wikipédia n'a jamais démarré. Malgré tout ce qui est arrivé depuis 10 ans, nous en sommes toujours à coller à un modèle encyclopédique fantasmé. Nous n'avons pas eu le déclic. C'est dommage, voilà, c'est tout.

mercredi 9 mars 2011

11e arrondissement

Ce week-end aura lieu l'assemblée générale de Wikimedia France, une association qui soutient — entre autres — les projets Wikimedia (vous savez, Wikipédia, le Wiktionnaire, tout ça). Comme il se trouve que j'ai adhéré à cette association, je serai en train de faire le kéké dans une salle du 11e arrondissement. Ou, plus certainement, je regarderai d'autres personnes faire les kékés tandis que je papote au fond de la salle. Ça va cabaliser à mort, on prendra des tas de décisions sur l'avenir du projet, on va supprimer plein d'articles importants et en conserver des tonnes de futiles, on bloquera plein de contributeurs. Bref, ça va être fun. Ou pas.

Maintenant, c'est un rendez-vous de Wikipédiens. Et les Wikipédiens, ça édite. Pourquoi ne pas éditer de façon pertinente ?

On peut commencer par le 11e arrondissement, puisqu'on se retrouve là-bas. Histoire, géographie : plein de choses à dire pour l'un des coins les plus denses d'Europe. Après tout, si l'arrondissement était une commune à part-entière, il serait aussi peuplé que Dijon ou Grenoble. On peut toujours s'inspirer de Soho ou East Village.

Après ça, pourquoi ne pas passer aux rues arpentées : les boulevards Beaumarchais et Richard-Lenoir, les rues du Chemin-Vert, Saint-Sabin ou Amelot.

Pour les fanatiques des monuments historiques, il reste à faire, ne serait-ce que dans les arrondissement voisins (3e, 4e, 11e et 12e). Certes, la place des Vosges est toute proche, avec ses hôtels particuliers, mais c'est également le cas de la caserne des Mousquetaires Noirs ou de la sous-station Bastille qui n'ont même pas de photo. La charcuterie du 75 rue Amelot n'a même pas son article (à la différence de la boulangerie Beaumarchais).

Le soir, au resto, ne manquez pas de faire des photos des plats. Certes, nous n'irons pas chez Bofinger, mais on ne sait jamais. Et puis il doit bien rester des bières sans photo.

Et puis si l'édition, ce n'est pas votre truc, vous pouvez toujours allez à la chasse aux Invaders.

lundi 14 février 2011

Projets

Février est bien entamé. Les bonnes résolutions s'effacent. Faisons le point : quels sont mes projets de contribution pour 2011 ?

J'espère continuer mes ébauches sur l'art public. Les œuvres parisiennes commencent à être recensées correctement (même s'il en manque un tas) et je ne désespère pas d'étendre ça au delà du périphérique (oui, je suis prêt à vous créer un article pour toutes les statues en plein air en France ; créez des critères pour m'en empêcher ou taisez-vous à jamais).

Mon problème : l'absence d'info, reflet du peu d'intérêt de tout le monde pour cette question. L'art public, installé sur l'espace public grâce à des fonds publics après des débats publics, ne semble concerner personne ; s'y intéresser me paraît presque étrange. Un exemple : je suis allé voir ce week-end un nouvelle œuvre intitulée « la Ceinture de feu », installée sur la façade du nouveau bâtiment de l'Institut de physique du globe de Paris. Reproduisant le parcours de la ceinture de feu du Pacifique, c'est à la fois pertinent, plutôt bien foutu et pédagogique. Je suis au courant de son existence par un blog : la mairie de Paris n'en parle pas, la mairie du 5e n'en parle pas, l'IPGP n'en parle pas, la presse locale n'en parle pas. C'est probablement honteux.

Deuxième tâche de fond : continuer à créer ou améliorer de l'article de géographie. sur ce point, l'Afrique reste en grande partie un continent vierge et inexploré. Regardez l'état du Nil Blanc, une petite rivière il est vrai sans grand intérêt, ou des zones de gouvernement local, des subdivisions du Nigeria qui ne concernent il est vrai que 200 000 habitants en moyenne. Y'a du boulot.

Une autre idée : reprendre tous les articles que j'ai créés sur les frontières. Peut-être vérifier ceux qui ont été améliorés depuis leur ébauchage. En tirer des conclusions.

Dernier point, et pas le moindre : finir la transcription du Bailly sur Wikisource. Ce dictionnaire de grec ancien devrait me prendre toute l'année. Il faudrait également dispatcher son contenu sur le Wiktionnaire.

Bref, je ne devrais pas m'ennuyer. Comme j'ai tendance à contribuer de moins en moins, je dois avoir du boulot jusqu'en 2014.

mardi 4 janvier 2011

Ça ne s'invente pas...


Sans commentaire


(Cliquez sur l'image pour l'agrandir et ici pour agir.)

mardi 2 novembre 2010

Textualité

On prétend parfois que nous vivons dans une société de l'image, ce qui m'a toujours semblé douteux. J'ai plutôt l'impression d'une société du texte, lequel est parfois illustré par l'image. Les journaux télé, par exemple, me font l'effet de journaux radio avec des illustrations dessus : les capacités du médium semblent inutilisées, comme si on ne savait pas quoi faire de tout cet écran et qu'on se contentait de plaquer des trucs qui bougent sur les paroles prononcées. De même, je suis surpris quand on ne parle du cinéma que comme d'un théâtre filmé, où le jeu des acteurs et le scénario représentent tout, tandis que la mise en scène et le montage ne sont qu'un gadget (ou, pire, un effet, comme si une telle chose ne pouvait pas être sérieuse). Certes, ce que je raconte n'a rien de bien nouveau, j'en ai conscience.

Wikipédia est un site textuel. Il l'est à cause des contraintes techniques inhérentes au wiki. Il l'est également car l'image d’Épinal de l'encyclopédie suppose de la rédiger avec des mots. Il l'est encore, à mon avis, car Wikipédia est un rejeton des premiers temps du web, où les sites étaient décrits par le texte. Pour toutes ces raisons, le son, l'image, la vidéo, l'animation, la musique, les diagrammes, les graphes, les courbes, les schémas, les partitions, tous ne sont que des illustrations : un article n'est jamais bâti autour d'eux.

Pourtant, il est possible de faire passer un réel message encyclopédique en dehors du texte pur, comme l'exemple de la carte figurative de Minard le montre. Mais je suis coupable. De ce chef d'œuvre de représentation synthétique, j'ai pondu un infâme résumé textuel. On n'y échappe pas.

lundi 23 août 2010

Considérations culturelles

C'est une anecdote que j'ai lue dans L'Usage du monde, l'indispensable récit de dérive de Nicolas Bouvier. Bouvier et Vernet arrivent quelque part du côté de la Perse (je ne me souviens plus du pays, mais c'était dans ce coin là, à 3 000 bornes près). Là, dans un trou paumé, ils tombent sur une p'tite localité où une ONG américaine dépose de quoi construire une école. Problème de culture : les Américains pensent que les locaux vont bâtir l'école. Les locaux ne font que prendre le matos pour leurs constructions personnelles. Les deux approches sont aussi valables l'une que l'autre. Elles pourraient tout aussi bien réussir qu'échouer. Juste deux conceptions différentes de la vie. Incompréhension.

Il est de bon goût, dans nos contrées, de dénier aux Américains une culture commune (certains Américains eux-même le nient ; j'imagine qu'on a déjà vu des poissons niant l'existence de l'eau). Certes, c'est un grand pays assez peu homogène, mais certaines tendances se retrouvent un peu partout. Si on veut schématiser de façon caricaturale, l'Américain croit à l'initiative individuelle et estime que chacun apporte sa propre contribution à la Société. L'idée : les choses bougent parce qu'on décide de les bouger soi-même, sans attendre les autres. Une sorte d'optimisme fondamental, qu'on pourrait prendre à tort pour de la naïveté, une façon de ne compter que sur soi-même, assimilée souvent à de l'égoïsme. Il est toujours difficile d'appréhender une culture différente à travers ses propres yeux.

Tout ça, j'imagine que vous le savez tous (après tout, dans sa version formatée, le slogan de Nike ne dit rien d'autre : s'il parle directement à tout Américain, il demeure intraduisible pour les autres). Bien sûr, tout cela n'exclut pas la naïveté, l'égoïsme, la méchanceté ou la connerie pure et simple, mais c'est la même chose pour tout le monde. J'essaye juste de définir un état d'esprit. Nous n'entrerons pas sur les terres glissantes : cet état d'esprit est-il ce qui permet aux States de réussir ? D'ailleurs, réussissent-ils vraiment ? Je n'en sais rien (et j'en m'en tape).

Peut-on comprendre l'approche wikipédienne si on néglige cet aspect culturel ? Wikipédia, c'est chacun qui vient apporter ce qu'il estime être le mieux, de sa propre initiative, sans en référer à personne avant. Tout est fondé sur une foi indécrottable en "ça va marcher, suffit qu'on s'y mette". Il s'agit probablement de l'un des projets les plus authentiquement américains, le genre de truc qui n'aurait jamais pu être mené à bien ailleurs, parce qu'ailleurs, on ne peut pas, on ne veut pas, on n'y croit pas ou on n'y pense même pas.

Le problème de tout ça : est-ce que Wikipédia peut sérieusement fonctionner en dehors des USA ? Pas évident, à mon avis.

lundi 12 juillet 2010

En fait, je m'en tape complètement

Je n'ai absolument rien à dire sur la réforme du CAr.

lundi 7 juin 2010

Organisons les Capétiens !

Un truc pas super connu de Wikipédia (et pas vraiment utile, quand on y songe), c'est la série des pages spéciales. On y trouve par exemple la liste des articles les plus longs, ceux dont l'ouverture risque de faire planter votre navigateur, même récent.

Le plus long est la généalogie générale des Capétiens. Attention ! Avec 734 531 octets au compteur, il est vraiment long. Ce formidable article décrit de façon détaillée l'arbre généalogique, sous forme d'un long arbre en mode texte. C'est totalement imbuvable, quasiment inexploitable et globalement illisible, même sur grand écran. Et histoire d'enfoncer le clou, voici ce que j'obtiens quand j'ouvre la chose avec mon téléphone :


Ne pas pouvoir scroller à droite dans ce cas est assez ennuyeux, mais la page fait exploser la gestion du navigateur.


Seulement voilà : à priori, cet article ne peut pas être passé par les armes puisque cette sacrée généalogie a quand même eu une certaine importance dans mon pays par le passé.

Je lance donc un concours : comment faire pour que cette page puisse enfin ressembler à quelque chose d'humain ?

jeudi 20 mai 2010

Malamanteau

« Encyclopedic adj.: limited, censored, excluded, particularly with reference to subjects of which the writer disapproves or of which the writer has no knowledge. »

Pour un sujet donné, il n'existe que deux possibilités : être mentionné sur Wikipédia ou ne pas l'être. L'idée générale, c'est que si c'est notable et vérifiable, ça peut être casé sur le site, mais c'est bien sûr plus compliqué que ça. Comme tout livre sacré qui se respecte, les principes fondateurs ont été écrits bien après le début des événements et ils sont suffisamment flous pour être interprétés comme on le désire. Bref, en pratique, il s'agit surtout de savoir combien de personnes désirent faire figurer le sujet sur WP. S'ils sont plus nombreux que les opposants, c'est gagné (et ces derniers disent que tout est foutu, etc.). C'est classique.

La semaine dernière, le webcomic xkcd a publié un pastiche d'article wikipédien présentant le terme « malamanteau », défini comme « un néologisme désignant un mot-valise créé de façon incorrecte en combinant un abus de langage avec un néologisme ». La syntaxe, la mise en page et les termes choisis trahissent chez l'auteur du webcomic une très bonne connaissance de Wikipédia. Bien sûr, xkcd étant beaucoup lu, il savait parfaitement que son néologisme allait être créé sur Wikipédia. Et comme il en a une très bonne connaissance, il pouvait se douter que ça allait batailler grave. En somme, c'est un bon gros hack de Wikipédia, le meilleur que j'ai vu pour l'instant.

Personnellement, avec mon inclinaison naturelle pour le chaos et l'irrespect léger (je me la joue ? Eh bien je me la joue), je ne peux qu'approuver cette démarche. Vous vous doutez bien que la blague ne fut pas du goût de tout le monde et que des termes comme « irresponsable » furent émis. Wikipédia, c'est sérieux, bordel !

Après une semaine de combat, la page de discussion de l'article a été éditée plus de 1 300 fois. Une page d'archive a été créée, grosse de près de 225 ko et comportant 65 paragraphes. L'article a été consulté plus de 170 000 fois en une semaine, dont 72 000 fois le premier jour. Au final, l'article a terminé sous la forme d'une redirection vers le paragraphe « Themes » de l'article sur le webcomic. Comme ça, l'égo wikipédien est sauf (ainsi probablement que la morale, la culture et certainement la Civilisation occidentale).

Finalement, c'est le site urban dictionary qui résume le mieux l'histoire : « malamanteau: a word defined to infuriate Wikipedia editors ». Ah, c'était drôle tant que ça a duré. :)

Pour ma part, je me dis que le mot pourrait bien être créé sur le Wiktionnaire, avec la Catégorie « hapax en anglais », mais je n'ai pas encore les épaules assez solides pour tenter le coup, cliquer ici, écrire le texte et sauvegarder. On serait capable de me dire qu'un dictionnaire universel n'a pas vocation à recueillir tous les mots, même si leur utilisation est vérifiable. Déjà qu'on me raconte qu'une encyclopédie universelle n'a pas vocation à recueillir tout le savoir...

mardi 6 avril 2010

Wikipédia sauve l'art urbain

L'un des biais qui m'a le plus marqué, dans mon aventure wikipédienne, est cette tendance à considérer le monde immédiat comme quantité négligeable. Pour faire simple : ce qui est mentionné dans les livres, c'est Bien (attention : les VRAIS livres) et le reste n'est ni intéressant, ni encyclopédique.

Cette approche m'a toujours paru étrange : indépendamment des fameux critères de notoriété et des travaux inédits (qui sont deux problèmes annexes, même si on tend à tout mélanger), j'ai souvent eu l'impression que l'idée qu'on se faisait de l'encyclopédie idéale, c'est un gros bouquin qui résume grossièrement ce que les autres ont déjà dit ailleurs : plus le sujet est rebattu, plus il est encyclopédique. Bref, un machin inutile depuis qu'on ne remplit plus les armoires des salons avec des ouvrages en quinze volumes.

Via Twitter, j'ai appris l'existence du projet anglophone Wikipedia Saves Public Art. Son but : créer des articles précis, informatifs et à jour sur les œuvres d'art urbain. Ces œuvres sont bien souvent éphémères, mal documentées, mal aimées : leur conservation est soumise à rude épreuve. Le projet cherche, non pas à les sauver, mais à en garder une trace. Un exemple : la sculpture Zephyr de Steve Wooldridge installée sur le campus d'une université d'Indianapolis en 1998 (avec un article de journal ici pour bien faire).

Je trouve ce projet admirable. J'ai souvent peur que nos préjugés ne nous conduisent à négliger l'environnement dans lequel nous évoluons, juste parce qu'il nous est immédiat. C'est une approche, à mon sens, erronée.

L'autre chose qui m'ennuie, c'est l'écho que recevrait un tel projet dans la Wikipédia qui est la mienne. Si je me créais un article sur l'inénarrable bague de fiançailles de Goldorak à Ivry-sur-Seine, est-ce que ça ne serait pas immédiatement passé par les armes ?

lundi 8 mars 2010

Espaces de noms

C'est une question légitime qui est arrivée jusqu'à mes oreilles : sur Wikipédia, quelle est la consultation des différents espaces de noms ?

Je suis allé récupérer les données de consultation du vendredi 5 mars 2010, pour la période 14:00 - 15:00. C'est un jour de semaine et l'horaire concentre le maximum de consultations de la journée. Bref, ce n'est qu'une petite heure, mais je pense que ça demeure significatif de ce qui se passe le reste du temps.

Voici le détail, organisé par nombre de requêtes par espace décroissant :



EspacePagesRequêtesTrafic
Nb.%Nb.%Nb.%
Total342 381100,001 004 451100,0019 092 833 413100,00
Espace principal280 28581,86876 76887,2917 409 522 00691,18
Fichier28 9698,4647 7464,75612 287 3503,21
Wikipédia9750,2831 6733,15510 033 7852,67
Catégorie17 4195,0924 8532,47180 345 4980,94
Discussion7 9522,328 8170,8878 302 1470,41
Portail1 1700,346 5730,65156 830 9340,82
Utilisateur1 6790,492 1070,2135 353 2050,19
Discussion Utilisateur1 7130,501 9330,1940 427 3200,21
Modèle1 0930,321 5820,1613 122 1950,07
Aide1490,049450,0915 296 0600,08
Projet6080,188460,0820 529 8920,11
Discussion Wikipédia980,032490,0210 235 0970,05
Discussion Projet890,031370,017 480 3220,04
Référence690,02790,01719 4650,00
Discussion Catégorie450,01530,01321 7690,00
Discussion Portail380,01510,011 426 4680,01
Discussion Aide130,00160,00360 8510,00
MediaWiki110,00160,00136 7620,00
Discussion Fichier40,0040,0040 8440,00
Discussion Référence10,0020,0014 2380,00
Discussion MediaWiki10,0010,0047 2050,00



La colonne « Pages » indique le nombre de pages distinctes consultées ; « Requêtes », le nombre de requêtes pour ces pages ; enfin, « Trafic » concerne la taille de ce qui passe dans les tuyaux.

Comme d'hab', les analyses sont à votre charge.

mercredi 3 mars 2010

Articles/Pages

Suite à la demande générale d'un camarade contributeur, je suis allé chercher, pour chaque langue wikipédienne, le nombre de pages qu'elle contient (articles, discussions, redirections, etc.), le nombre d'articles et j'ai calculé le rapport des deux.

Voici le résultat :



LangueArticlesPagesRapport
ht518475806289,30%
pi2316270385,68%
bh2490308580,71%
ceb407295276477,19%
pag3315443174,81%
io187872554573,54%
war153782222469,20%
pnb3389497968,07%
gu131621945867,64%
roa-rup5545833366,54%
bcl4871767963,43%
mzn2469390763,19%
roa-tara86821378163,00%
sa3920625662,66%
ace1119179862,24%
nov2569415661,81%
fiu-vro4358712761,15%
tg90101541958,43%
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Les interprétations sont à votre convenance.

lundi 11 mai 2009

Il faut savoir tenir sa place

L'autre jour, j'ai pris une photo interdite. Je n'avais pas le droit, mais je l'ai fait quand même.

Pour des raisons diverses, je descendais les Maréchaux, à Paris, peu après la porte de Charenton. À cet endroit, sur deux bons kilomètres, la ville prend une tournure fortement industrielle et les boulevards longent la friche de la Petite Ceinture. Je me suis arrêté pour prendre une photo des voies parce que l'endroit est photogénique (je me balade tout le temps avec un petit appareil photo dans mon sac). À ce moment là, la personne qui marchait derrière moi est venu me voir et m'a dit en gros : « c'est interdit de prendre des photos, vous n'avez pas le droit ». Je n'ai pas cédé : j'avais les pieds fermement posés sur la voie publique et j'ai exprimé mon intention de continuer. Après quelques remontrances supplémentaires, la personne a continué son chemin. Je l'ai regardé s'en aller en me demandant ce qui pouvait bien pousser une personne inconnue à se déporter de son trajet pour m'interdire de photographier un lieu auquel elle n'est à l'évidence pas liée de quelque manière.

Ce jour là, je n'ai pas cédé parce que nous étions seuls ; en général, je fais attention à ce que je photographie, même quand je sais en avoir parfaitement le droit. J'habite à Paris, une ville dont je peux dire sans me tromper qu'elle reçoit une quantité de touristes proprement énorme. Pourtant, pour une ville aussi touristique, elle est bien peu encline à se faire prendre le portrait au numérique. Mes pas m'amenant souvent dans des lieux hors des circuits touristiques, j'ai souvent constaté l'incompréhension, voire l'hostilité des passants vis-à-vis de mon appareil photo (je prends soin de ne jamais prendre de gens en photo, j'ai réellement peur de leur réaction). Et même si on ne m'a quasiment jamais interdit explicitement de prendre des photos, j'ai déjà affronté des regards mauvais, voire des murmures de mépris. Pourtant, je suis quasiment sûr que j'ai le droit de photographier presque tout ce que vois (je ne parle que de l'acte photographique, bien sûr, pas de la diffusion ultérieure des clichés).

En fait, je sais pertinemment quel est le problème : je ne respecte pas ma place. Il y a les choses que l'esprit collectif accepte, il y a celles qu'il réprouve, et cela dépend de la personne qui tente de les faire. Et, surtout, tout ça n'a strictement rien à voir avec un quelconque droit légal. Bref, un touriste a le droit de prendre la tour Eiffel en photo parce qu'il est à sa place en le faisant. Un Parisien, beaucoup moins. Et moi, je n'ai pas le droit de me balader dans Paris en prenant des photos à tout bout de champ : ça ne se fait pas. J'en aurais le droit si j'étais un professionnel (un vrai photographe muni de l'attirail alloué à sa profession, par exemple). Ce n'est pas rationnel, ce n'est pas logique, ce n'est même pas juste : c'est juste comme ça. Avoir le droit de faire quelque chose ne donne pas forcément le droit de le faire.

Bon, pourquoi je vous parle de ça, moi ? Tandis que je regardais mon gardien du temple improvisé s'éloigner sur le boulevard Poniatowski, j'étais en train de penser à Wikipédia. À la difficulté qu'on a à faire admettre que tout le monde peut venir et modifier n'importe quoi. Que ça sera très difficile pour changer les mentalités, qu'il faudra travailler au corps, longtemps.

Parce que, non, tout le monde n'a pas le droit de contribuer à Wikipédia : les gens ordinaires n'ont pas le droit de s'exprimer sur un sujet encyclopédique, c'est un privilège réservé à ceux qui ont acquis le droit de le faire (universitaires avec une barbe, hommes politiques, membres du star-system invités à la télé, etc.). C'est quelque chose d'ancré dans le subconscient collectif. Aller à l'encontre de cette règle, c'est s'exposer au ridicule, au mépris, à la colère. Vous voulez organiser la connaissance ? Mais pour qui vous prenez-vous ?

Il est possible de vaincre cette vision des choses, mais ce sera long. Il faudra accepter que Wikipédia rencontre une opposition qui n'a rien de rationnel, en dehors de tout intérêt politique ou économique ou culturel : une opposition de principe, parce qu'elle n'est pas à sa place. Avec un peu de temps, il sera possible de faire admettre que la chose est possible, le temps d'effacer les blocages ; un peu comme la diffusion généralisée des appareils photos numériques me permettra, un jour, de prendre des photos plus librement.

De toute façon, si vous voulez savoir, mes photos étaient ratées.

lundi 20 octobre 2008

Quelques choses que je sais de Wikipédia

Donc vous voulez contribuer à Wikipédia, hmmm ? Voici quelques trucs que vous devez savoir avant de vous lancer.

Tous les contributeurs ne sont pas égaux. Les IP ont à peu près les mêmes droits qu'un esclave noir dans le sud des États-Unis au XIXe siècle. Un nouveau contributeur, ceux d'un immigré clandestin dans un centre de rétention.

Tous les articles ne sont pas égaux. L'idéal wikipédien est un article de 50 000 caractères sur un sujet historique abondamment traité par l'intégralité des autres ouvrages du même genre. Les autres sujets sont bizarres, douteux, voire franchement louches.

Wikipédia n'est pas faite pour le monde extérieur. Son contenu est à usage interne exclusivement. Ce qui intéresse les gens n'est pas important et même nocif.

Wikipédia est une encyclopédie. Une encyclopédie n'a pas pour but de rassembler la totalité de la connaissance. Ni même une partie. Les sujets admissibles ont été décidés par une tripotée d'experts auto-proclamés en encyclopédisme.

Wikipédia est assiégée par les barbares : les fans de télé, les adolescents boutonneux (forcément boutonneux), les imbéciles et toute la masse indifférenciée des gens qui n'ont aucune idée de rien.

99% des articles n'auraient jamais du être créés.

Wikipédia n'est pas une démocratie. À la base, ça voulait juste dire qu'on privilégiait le consensus comme méthode de fonctionnement. Au bout du compte, c'est surtout l'aspect dictatorial de la chose qui a été mis en avant.

Les principes fondateurs ne sont pas des principes fondateurs. Ils ont été rédigés après la fondation. Dans la vie courante du site, certains principes en apparence moins importants et consensuels (comme les critères) sont plus fondateurs que les principes fondateurs.

Vous êtes censé avoir lu l'intégralité des aides, recommandations, règles, et en avoir compris l'esprit et la lettre.

Les votes en PàS sont vraiment des votes.

Quand on vous dit : « n'hésitez pas », il faut comprendre : « tu fais ça, je te descends ». D'ailleurs, on te tient à l'œil, racaille.

jeudi 16 octobre 2008

Wikipédia comme source de données

Comment faire un mash-up :
  1. Prendre une liste de Wikipédia. Par exemple les plus grandes agglomération du Royaume-Uni.
  2. Aller sur Google Docs. Créer une feuille de tableur. Importer la liste wikipédienne. L'exporter en CSV.
  3. Aller sur Yahoo Pipes. Importer le CSV. Le triturer dans tous les sens. L'exporter en KML.
  4. Aller sur Google Maps. Importer le KML.
  5. Afficher le résultat sur son blog.

View Larger Map

(Si vous lisez ce post ailleurs que sur mon blog, il est possible que vous ne voyiez pas ce que je suis en train de raconter. Venez plutôt sur l'original.)

J'ai trouvé cet exemple sur un blog (anglophone) où l'auteur partait de la capacité qu'a le tableur en ligne de Google d'extraire les tableaux d'une page web et détaillait ses actions jusqu'à produire la carte ci-dessus. Je trouve le résultat assez intéressant. Le mash-up en question est finalement assez simple, et laisse envisager que tout un tas d'applications sont possibles à partir des données contenues dans les inombrables listes de Wikipédia. C'est à creuser.

lundi 13 octobre 2008

Wikipédia n'est pas

Wikipédia est avant tout une encyclopédie.
Wikipedia n'est pas un groupe de discussion.
Wikipedia n'est pas un ensemble d'articles organisé à la manière d'everything2.com ou d'H2G2.
Wikipedia n'est pas un forum de discussion.
Wikipedia n'est pas un site de tchat.
Wikipédia n'est pas un dictionnaire.
Wikipédia n'explique pas comment utiliser les mots, les expressions, etc.
Wikipedia n'est pas un guide d'usage des termes informatiques.
Wikipedia n'est pas pas là pour vous apprendre comment parler comme les hackers. Nous sommes là pour écrire une encyclopédie.
Wikipédia n'est pas un champ de bataille.
Wikipedia n'est pas un endroit pour entamer, importer, entretenir ou prolonger des conflits personnels.
Wikipedia n'est pas une tribune de propagande ou de promotion. Si vous voulez convaincre le monde entier que le Bon Dieu dort en pyjama, allez plutôt sur Usenet.
Wikipédia n'a pas vocation à faire connaître un projet, un savoir, une personne, une association ou tous sujets généralement ignorés, notamment par les médias et l'opinion publique.
Wikipedia n'est pas un moyen commode de faire de la publicité gratuitement.
Wikipedia n'est pas un recueil d'essais personnels qui expriment votre avis sur tel ou tel sujet. Nous rapportons tout le savoir humain courant ; alors, à moins que vous ne soyez exceptionnel, vos opinions ne font pas partie de ce savoir courant.
Wikipedia n'est pas une liste de citations ou d'aphorismes.
Wikipedia n'est pas une encyclopédie nationale.
Wikipédia n'est pas une encyclopédie du monde francophone.
Wikipedia n'est pas une collection de liens externes.
Wikipédia n'a pas pour but de référencer toutes les pages Internet se rapportant à un sujet.
Wikipedia n'est pas un journal ou un site d'actualité.
Wikipedia n'est pas une boule de cristal.
Wikipedia n'est pas un annuaire ou une banque de données.
Wikipedia n'est pas une compilation exhaustive, faite sans discernement, d'informations, de noms ou de curriculum vitae.
Wikipedia n'est pas un guide pratique.
Wikipedia n'est pas un guide de recettes de cuisine.
Wikipedia n'est pas un guide de voyage.
Wikipedia n'est pas un guide d'élevage, bricolage, santé, etc.
Wikipedia n'est pas une liste d'informations.
Wikipedia n'est pas une liste de FAQ.
Wikipedia n'est pas un mémorial ou une commémoration.
Wikipedia n'est pas un recueil de documents, annotés ou non.
Wikipedia n'est pas un simple résumé d'une œuvre.
Wikipedia n'est pas le simple texte d'une chanson.
Wikipédia n'est pas destiné à faire de la communication institutionnelle.
Wikipedia n'est pas une expérience politique.
Wikipedia n'est pas une démocratie.
Wikipedia n'est pas une dictature.
Wikipedia n'est pas une tentative de réalisation d'un projet politique quelconque.
Wikipedia n'est pas un journal intime.
Wikipedia n'est pas censurée.
Wikipedia n'est pas une encyclopédie sur papier.
Cette liste n'est pas figée.

(Liste tirée de « Ce que Wikipédia n'est pas », en enlevant les passages paternalistes, insultants, méprisants, violents, et où plus généralement le lecteur est considéré comme un délinquant en puissance à mâter. Le texte vaut le détour.)

jeudi 9 octobre 2008

L'encyclopédie profondément conservatrice et traditionnelle

Wikipedia, the deeply conservative and traditional encyclopedia

Wikipédia, l'encyclopédie profondément conservatrice et traditionnelle, tout du moins est-ce l'avis de Brianna, dans le post liée ci-dessus où elle essaye de synthétiser les raisons de la chose. Je suis de l'avis que Wikipédia est effectivement une encyclopédie réac dans son traitement (même si outrageusement révolutionnaire dans son concept) et qui refuse par tous les moyens de faire quelque chose de vraiment différent des supports papiers classiques, mais pas forcément pour les raisons de Brianna : pour moi, ça a toujours été le cas, depuis le début.

« What's interesting now is that when I see people say “I love Wikipedia”, it's almost always for all the ways it is not a traditional encyclopedia. » Je sais que ça en ulcère beaucoup, mais c'est poutant ça.

jeudi 18 septembre 2008

J'apostrophe !...

Sur Wikipédia, on passe beaucoup de temps à discuter de ce qu'il faudrait faire (dans la mesure où il faudrait le faire, bien sûr, ce qui donne lieu à d'autres discussions tout aussi fondamentales). On appelle ça le processus de prise de décision. Ça consiste en gros à parler pendant des mois pour finalement ne rien décider. C'est l'équivalent des commissions gouvernementales dans l'encyclopédie en ligne.

Actuellement, il y a une discussion en cours sur l'usage de l'apostrophe typographique (si vous ignoriez jusque là ce qu'est une apostrophe typographique, ou simplement qu'il puisse y avoir lieu de se poser la question de son emploi dans une encyclopédie en ligne grand public, vous êtes un contributeur heureux). La page de discussion atteint 298 073 caractères, soit la longueur d'un petit livre de poche. Depuis sa création à la fin mai 2008 (oui, la discussion sur ce sujet fondamental court depuis près de quatre mois sans arriver quelque part), elle a été éditée 711 fois, soit en moyenne toutes les 3 heures 30, par 41 contributeurs différents. Grosso modo, elle est vue 40 fois par jour. Des chiffres dignes d'un article significatif dans l'espace encyclopédique.

Messieurs, toutes mes félicitations. Bravo.