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mardi 1 novembre 2011

Petit patrimoine

Le banc du passeur, à Saint-Maur-des-FossésJe crois bien qu'à la base, c'est un peu la faute de Pymouss. Après tout, c'est lui qui avait la manie de photographier des bâtiments symboliques : les mairies, les églises et tout ça.

Il y a le Patrimoine. Celui qu'on protège à grands coups de lois. Celui dont on parle. Celui qu'on recense. Celui qu'on photographie en septembre lors de concours. Le Vrai™ Patrimoine, le pur, le tatoué du Sens de l'Histoire au coin de sa pierre de taille. Celui qui déplace les touristes. Celui qu'on admet immédiatement sur Wikipédia sans même passer par la case PàS.

Et puis, il y a l'autre patrimoine, avec une minuscule au début du mot. Lui, on ne le remarque pas vraiment : il fait plutôt partie des meubles. Bien souvent, il ne viendrait pas à l'esprit d'en parler. Ce peut être une simple statue dans une niche, au dessus de la porte d'un immeuble. Ou une pierre bizarre dans un champs. Une vue particulière. Un passage entre deux maisons. Un établissement de quartier. Un rond-point décoré. Une sculpture au coin d'une rue. Certes, il n'est pas protégé et disparait régulièrement au fil des refontes urbanistes, mais il participe tout autant que son grand frère à l'identité culturelle.

Quand j'étais adolescent, je me posais souvent des questions sur ces zones particulières. J'avais l'impression qu'elles n'intéressaient personne : elles se contentaient d'exister. Si elles acquéraient une signification, c'était purement personnel. Et puis Internet est arrivé, le Grand Rapprocheur. J'ai découvert petit à petit que ce petit patrimoine intéresse en réalité tout un tas de monde. Tenez, par exemple, voici quelques sites qui traitent de sujets spécifiques sur la question :
  • L'incomparable Clochers de France, qui recense près de 40 000 lieux de culte, mentionne le saint patron et fournit des photos 4 fois sur 5.
  • The Megalithic Portal (en anglais) et Mégalithes du monde (en français), pour les vieilles pierres.
  • Trompe l'œil, sur les murs peints, les fresques, les graffitis et les trompe-l'œil. Sûrement le plus éphémère de tous
  • Topic Topos (uniquement en Alsace, Bretagne et Île-de-France), qui rédige des notices intéressantes sur tout un tas d'édifices, protégés ou non.
  • Petit Patrimoine, qui traite précisément du patrimoine non protégé.


J'ignore si le petit patrimoine a sa place sur Wikipédia. Après tout, sa caractéristique, c'est d'être personnel et peu connu (sinon, ce serait un grand patrimoine). Oh, ça permet de constater que le site a bel et bien une politique éditoriale. Que d'autres sites en choisissent des différentes, c'est bon signe, après tout.

Et pour la petite histoire, la photo représente le banc du passeur à Saint-Maur-des-Fossés, un banc en céramique construit lorsque les ponts voisins n'existaient pas. Pour appeler le passeur et traverser la Marne, on sonnait la cloche (disparue) et on attendait. J'ai découvert ce bidule par hasard. Une tranche d'histoire locale.

vendredi 8 octobre 2010

Spomenik

En ce moment, j'ai pas mal de boulot. Toutefois, afin de me distraire entre deux livraisons logicielles bugguées, j'ébauche les différents hôtels particuliers de la place des Vosges. Et quand j'en ai marre des hôtels particuliers du 17e siècle, je cherche autre chose.

Hier, j'ai vu passer dans mon fil Twitter un lien vers ça. Ca, c'est la brève présentation d'une série photographique de Jan Kempenaers sur des monuments yougoslaves des années 1950 à 1970. Des bidules monumentaux en béton brut. Du futurisme. Du brutalisme. À la limite de la science-fiction.

Forcément, ça m'a plu et j'ai essayé d'en savoir plus. En cherchant un peu, on trouve les noms des auteurs et l'emplacement des oeuvres (par exemple, ; oui, c'est en croate). D'où l'action suivante : créer les articles correspondants sur Wikipédia. Pour l'instant, j'en ai ébauché à gros traits trois : le Makedonium à Kruševo en Macédoine, le mémorial du camp de Jasenovac en Croatie et le monument à la Révolution de Podgarić, également en Croatie. De façon intéressante, il est possible de relier ces articles au reste de Wikipédia (en plaçant des images, en créant des wikiliens, avec des interwikis, etc.), signe que le projet commence à avoir une bonne couverture générale. Après, je ne parle pas de langue slave, donc c'est assez difficile de mettre un peu de chair sur mes squelettes d'articles. Espérons que ça donne des idées à certains.

Même après un million d'articles, il reste encore des sujets à creuser.

mardi 13 avril 2010

Cycle en V

Pour une fois, un post qui n'a rien à voir avec Wikipédia. Je suis à la recherche de l'origine de ce dessin bien connu qui met en lumière le fonctionnement du développement logiciel depuis le besoin client jusqu'au support client.


(Cliquez pour voir le truc en plus gros)


Je crois en avoir déjà vu une photocopie dans la chambre du grand frère d'un copain il y a au moins 20 ans de ça, donc ça a l'air de remonter à loin. Quelqu'un a des idées ?

jeudi 25 février 2010

Notability, crowdsourced

À l'initiative de mon frangin, j'ai utilisé récemment last.fm, qui me permet de me la jouer en montrant au monde les trucs bizarres que j'écoute (ou pas, vu que personne ne me connait).

OK, ma vie, vous vous en moquez comme de votre première clé USB. Mais il y a un truc que j'ai trouvé intéressant : last.fm enregistre le nombre de fois qu'un titre a été écouté par ses clients, ce qui permet de faire des stats agrégées (par artiste, par album, par date, par nombre d'écoutes, etc.). Si vous allez , par exemple, vous constaterez que les Beatles ont été écouté plus de 200 millions de fois en cinq ans, par deux millions d'utilisateurs distincts.

Et c'est là que je me dis que c'est utile pour mon autre passe-temps : au lieu d'aller se pignoler avec des critères complexes et forcément voués à l'échec puisque ramant après le train (cette image me semble tout de même étrange), autant aller voir la fiche correspondante sur last.fm : plus de XXX écoutes ? C'est bon, c'est notable. Après tout, ça concentrerait le problème sur l'essentiel : la musique dont on parle, là, elle est connue ou pas ?

Oui, je sais, trompeur, faussé, pas fiable, etc. Personnellement, je ne vois qu'un seul vrai problème à cette approche : il ne serait plus possible de se réfugier derrière des critères arbitraires afin de dégager au maximum les articles qu'on n'aime pas. Bref, le drame. :)

PS : Pour être honnête, avant qu'on ne m'accuse de faire le jeu des fossoyeurs de Wikipédia inféodés à l'argent et à la stupidité des mass-medias, je précise que je ne préconise pas vraiment cette méthode. C'est juste une idée en l'air, comme ça.

dimanche 14 février 2010

No More Links!

Parfois, on trouve des choses amusantes à l'intérieur du code wiki, sur Wikipédia. Par exemple dans le corps de l'article anglais sur la région de Darién, à la section « External links », on trouve l'avertissement suivant, en commentaires afin de ne pas apparaitre dans l'article proprement dit :


==========================({{NoMoreLinks}})============================
| PLEASE BE CAUTIOUS IN ADDING MORE LINKS TO THIS ARTICLE. WIKIPEDIA |
| IS NOT A COLLECTION OF LINKS NOR SHOULD IT BE USED FOR ADVERTISING. |
| |
| Excessive or inappropriate links WILL BE DELETED. |
| See [[Wikipedia:External links]] & [[Wikipedia:Spam]] for details. |
| |
| If there are already plentiful links, please propose additions or |
| replacements on this article's discussion page, or submit your link |
| to the relevant category at the Open Directory Project (dmoz.org) |
| and link back to that category using the {{dmoz}} template. |
=========================({{NoMoreLinks}})=============================


Un contributeur en avait gros sur la patate, visiblement. :)

vendredi 15 janvier 2010

Un post, histoire de placer des liens

C'est marrant, tout le monde parle de thématique, ces derniers jours : mes confrères Coyau et Popo, mais également R. Chartier dans un entretien au Monde.

Juste une citation : « Diderot n'aurait sûrement pas accepté la simple juxtaposition des articles, sans arbre des connaissances ni ordre raisonné, qui caractérise Wikipédia. » Qu'est-ce que je vous disais, hein ? :)

mardi 3 novembre 2009

Argleton, Lancashire, United Kingdom

Argleton est une petite ville du Lancashire, un comté du nord-ouest de l'Angleterre. Elle est située à peu de distance de la côte, un peu au nord de Liverpool. Une petite bourgade comme on en trouve des tas dans le coin, en fait. Le problème, c'est qu'Argleton n'existe pas. Ou plutôt, elle n'est visible que sous la forme d'un toponyme sur Google Maps.

Le buzz commence à se répandre sur Internet depuis qu'un type du coin en a parlé sur son blog. Un résident du coin est d'ailleurs allé vérifier sur place : là où Google mentionne une localité, on ne trouve que des champs. L'affaire a été mentionnée dans le Sunday Telegraph et dans le Guardian.

L'une des explications les plus communes, c'est qu'il s'agit d'un piège à copieurs : les cartographes introduisent parfois des erreurs dans leurs cartes afin d'être en mesure de dire, sans ambiguïté, qu'on les leur a repompées. Souvent, ça prend la forme d'une petite rue inexistante. Le problème, en ces temps d'Internet généralisé, c'est que ce genre d'ajout a des effets indésirables. Actuellement, une recherche Google sur Argleton renvoit près de 20 000 résultats, parce que l'info s'est propagée. Mais avant cela, une telle recherche renvoyait plutôt une liste de résultats automatiquement générés : écoles à Argleton, maisons en vente à Argleton, jobs à Argleton, etc. Il y a sûrement une morale à l'histoire, mais je vous laisse trouver la vôtre.

Bon. Et le truc bien dans tout ça ? C'est :

vendredi 4 septembre 2009

Mongolie, Commons et The Big Picture

The Big Picture est un blog photo hébergé par le site du Boston Globe. Environ deux fois par semaine, son auteur sélectionne une liste de photographies sur un thème donné. Les photos sont souvent de belle qualité et le choix est assez pertinent.

La dernière livraison montre des photos des deux Mongolies : la Mongolie extérieure, pays indépendant, et la Mongolie intérieure, région autonome de Chine.

Il se trouve que sur les 33 photos, 18 sont directement tirées de Commons.

Est-ce pour célébrer le cinq millionième fichier téléversé sur le site ? Probablement pas, mais c'est une coïncidence heureuse.

jeudi 3 septembre 2009

L'Autre Wiki

Il est possible que vous vous en soyez rendu compte, mais ce que j'aime le plus, dans Wikipédia, c'est sa capacité à archiver le présent. Le seul problème de WP, c'est que son caractère d'encyclopédie la pousse à se limiter à ce qui est notable (un terme que personne n'est vraiment capable de définir et qui conduit à noircir beaucoup d'octets, mais globalement, ça fonctionne).

Il y a quelques temps de cela, je suis tombé sur TV Tropes. Depuis, la notoriété du site a explosé (il possède son article sur en:, et xkcd lui a même dédié une planche). Il est possible que le public francophone ne sache pas de quoi je parle, donc j'explique un peu.

TV Tropes est un wiki qui se dédie à répertorier les conventions et les mécanismes narratifs qu'on peut trouver dans les œuvres (ce qu'on appelle des tropes). De façon surprenante, il le fait rudement bien. Le ton général possède un léger humour permanent, une distanciation bienvenue qui rend la lecture agréable et rappelle qu'au fond, tout cela n'est pas bien sérieux.

Il se trouve que TV Tropes est parfaitement conscient de l'existence de Wikipedia (qu'il surnomme l'« Autre Wiki »). En fait, je les soupçonne de posséder des transfuges wikipédiens, vu qu'ils annonce dès le début qu'ils se contrecarrent de l'admissibilité. Ou, pour reprendre leurs termes : « toutes les œuvres sont admissibles ». Oui, même le webcomic dessiné par le petit voisin à propos de son chien. C'est assez radical, mais ça fonctionne. D'ailleurs, je suis persuadé que le site bénéficie plus de cette politique que si, mettons, les créateurs avaient décidé de pondre des critères d'admissibilité.

Personnellement, quand j'ai besoin qu'on m'explique un truc sur une série télé, un film, un personnage de fiction ou un truc du même genre, je vais sur en: pour en connaitre le squelette et sur TV Tropes pour en appréhender la substance.

Bon, soyons un peu sérieux quand même : j'ignore si Wikipédia peut bénéficier du business model de TV Tropes, qui est un wiki à objectif ciblé. J'admire quand même le culot de l'équipe qui a pondu les règles.

lundi 25 mai 2009

data.everywhere

Via edwired, j'apprends l'existence de data.gov, un site fédéral américain rassemblant des tas de données d'une tripotée de sites gouvernementaux (avec téléchargements en xml, csv, texte, kml et j'en passe). C'est visiblement amené à s'étoffer.

Je me dis qu'il faudrait faire une liste des sites proposant des données de ce type, tiens.

mercredi 20 mai 2009

Arbre de concepts

Alors que je me suis mis en tête de réécrire l'article « Semi-conducteur » (vaste programme...), je suis tombé sur cette présentation hiérarchique du concept. C'est assez efficace, je trouve.

lundi 18 mai 2009

Wolfram Alpha

Quand j'étais plus jeune, je me rappelle les anciens clichés de science-fiction où les protagonistes demandaient qui désiraient des informations sur un sujet, se tournaient vers l'Ordinateur central. Celui-ci retournait une suite de données générales, une déferlante de nombres à l'utilité douteuse mais que les héros, invariablement, réussissaient à interpréter pour poursuivre leurs aventures.

Bien entendu, le concept a été globalement atomisé par le développement d'Internet. Le paradigme du centralisme s'est effacé au profit du distribué et l'idée d'un ordinateur central répondant bénévolement aux requêtes (responsables, toujours responsables) formulées (selon une syntaxe précise, toujours selon une syntaxe précise) par les citoyens parait désormais étrangement obsolète.

Pourtant, malgré sa désuétude, c'est pourtant ce modèle que Wolfram Alpha semble avoir choisi. WA, c'est le tout dernier bidule de recherche en date. Le pitch du bouzin, c'est d'essayer de piger ce que les utilisateur tapent dans la barre de recherche et de fournir non pas des sites y correspondant, mais des réponses contextualisées. L'idée est excellente, évidemment ; je suis plus perplexe sur le reste. Pour ma part, j'ai eu l'impression de revenir aux vieux jeux d'aventure textuels où les actions nécessitaient de trouver la bonne syntaxe. Quant aux résultats affichés, j'avoue qu'en voyant cette amoncellement de données (vitesse moyenne sur l'orbite, croissance du PIB, longueur des paires de bases, etc.), j'ai pensé à Albedo 0.39, une piste de Vangelis du milieu des 70's où une voix désincarnée égrène sur une musique tripante les paramètres orbitaux de la Terre...

OK, je suis injuste. Le site est plutôt chiadé avec ses nuances de gris et d'orange. Les données - pour geekes qu'elles soient - sont plutôt pertinentes. L'idée sous-jacente est prometteuse (valoriser les bases de données innombrables éparpillées aux quatre coins de la planète). Pourtant, je m'interroge un peu sur l'angle d'attaque de Wolfram, qui semble aborder la chose à la manière d'un Quid sur circuit intégré, comme si la seule chose qui avait changé depuis 1975, c'était la puissance de calcul et la capacité mémoire et qu'il s'agissait toujours d'aller interroger les bases d'un ordinateur central par l'intermédiaire d'une ligne de commande améliorée. Une sorte de web 0.5 à l'heure où le 3.0 se prépare, quoi. M'étonne pas que ça plaise aux geeks, tiens. Bref.

Je ne vous parlerais pas de tout ça s'il n'y avait un rapport avec WP. Alpha a été décrit comme un concurrent de Google et de Wikipédia. Outre que ça montre que WP est désormais le standard, cette deuxième comparaison n'est pas stupide. Parce qu'en fait, le trip de WA, c'est de sortir des infoboxes à la volée. Ce que fait le site, ce n'est ni plus ni moins que de la génération automatique d'articles à partir de données externes, suivant les indications fournies par l'utilisateur. Et il faut bien avouer qu'il le fait plutôt bien.

Tenez, prenez l'article wikipédien sur l'astéroïde (1001) Gaussia : une infobox, une ligne de texte et pas grand chose de plus. Regardez maintenant l'équivalent alphien : au bout du compte, c'est sensiblement identique (sauf que WA peut se permettre d'adapter le contenu à la date du jour et à la position de l'observateur). De façon plus caractéristique, un article WP sur le nombre 200 nécessite de tout écrire à la main ; sur WA, l'article est généré à la volée, ce qui est rudement plus efficace.

Alors, bien sûr, WA ne produit pas de contenu encyclopédique à proprement parler. Par contre, il a une capacité formidable pour les à-côté, tout ce qui serait mieux traité par une machine pillant des bases de données que par un contributeur humain. J'ignore la proportion de lecteurs de WP qui pourraient être captés par WA. Si ça se trouve, elle est importante.

Par contre, je regrette un peu que Wolfram ait choisi une approche aussi obsolète (même si je la comprends), comme si les données devaient forcément être rapatriées en interne et traitées par un comité dont on ne connait rien, bref comme si rien n'avait existé depuis 20 ans. Après tout, même si ce n'est pas intuitif, même si ce n'est pas satisfaisant pour un esprit porté sur la structure de la connaissance et la beauté de celle-ci, c'est bien les modèles de Google et de Wikipédia qui ont produit les meilleurs résultats en terme de mise à jour, de réactivité et d'efficacité. Et puis quand je vois le résultat pour Taiwan (oh purée, que vont dire les Chinois ?), je me dis que WA n'a peut-être pas pris conscience des problématiques révélées par WP en terme d'ambiguité ou de neutralité.

Pour finir, deux petits points. WA cite systématiquement ses sources en fin de page. Le truc, c'est qu'on ne sait pas très bien ce qui a été utilisé, ni à quel endroit. D'ailleurs, parmi les sources, on voit l'énigmatique mention de « The Wikimedia Foundation, Inc. Wikipedia. 2009 » ; je me demande si c'est bien GFDL, tout ça... Le deuxième truc, c'est que les articles wikipédiens anglais et français sont nazes et demandent à être améliorés.

dimanche 10 mai 2009

Vive la Bretagne

Je n'ai pas été très rapide pour ça, mais je souhaite la bienvenue à Pymouss parmi la blogosphère wikipédienne francophone.

mardi 21 avril 2009

Cartographie par secteur d'activité

Via Infodisiac, j'apprends l'existence d'une étude (en anglais et en pdf) sur la distribution des sujets dans Wikipedia, à travers l'examen de l'arbre des catégories. Il semblerait que près du tiers des articles se raccroche d'une façon ou d'une autre au sujet général « Culture and the Arts ».

L'étude applique cette méthode à la distribution des conflits par sujets. Dans cette approche, religion et philosophie sont les principaux champs de bataille, ces deux sujets possédant un taux de conflit disproportionné par rapport à leur importance dans en:.

Ça semble intéressant et à creuser.

samedi 21 février 2009

Le mash-up qui tue

Dans ma liste de suivi (qui a dépassé les 1 250 articles, d'ailleurs, mais comme personne ne les édite jamais, tout reste très calme), j'ai « liste de tripoints ». Comme vous vous en doutez, c'est un article totalement poulpique qui parle d'intersections entre frontières (y'en a que ça intéresse, je n'ai pas honte, j'assume totalement ma nerditude sur ce sujet).

Tout à l'heure, j'ai vu passer quelqu'un qui a rajouté le modèle « KML » tout en bas. Hmm... Un truc que je ne connaissais pas... Et là, je constate que ce modèle rajoute des liens externes pour extraire les coordonnées géographiques présentes sur l'article (vous savez, le modèle « Coord » , probablement l'une des plus grandes réussites de Wikipédia et je dis ça sérieusement). En particulier, l'un des liens ajoute directement ces coordonnées sur une carte Google Maps.

C'est génial, non ?

EDIT : faut avouer que le modèle et le service lui-même sont passablement buggués. Un truc intéressant, cependant, c'est qu'il est possible de passer une catégorie en paramètre, le service se chargeant d'extraire les coordonnées de tous ses articles. Par exemple, pour la ligne 1 du métro parisien, ça donne ça.

vendredi 19 décembre 2008

The Internet is for porn

En Allemagne, le gouvernement met plus de 100 000 images sur Commons. Aux States, on va jusqu'à intégrer Wikipedia dans la publication scientifique.

En en France ?

En France, voilà ce que Frédéric Lefebvre , député des Hauts-de-Seine, disait d'Internet à l'Assemblée Nationale pas plus tard que le 15 décembre
L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
C'est beau. On dirait du poulpe.

mercredi 3 décembre 2008

Google fournit des réponses

Ça a été évoqué sur le Bistro et je ne sais pas depuis quand c'est implémenté. Sur certaines demandes simples, Google fait plus que retourner des sites appropriés : il tente de fournir une réponse.

Et comme tout  le monde, il utilise Wikipédia pour ça.

Par exemple, en tapant « France population », le premier résultat retourné n'est pas exactement la page d'un site, mais ceci : « France — Population: 64 102 000 Hab. (2007) » ; et juste en-dessous, la source : « Selon http://fr.wikipedia.org/wiki/France ».

À première vue, on dirait que Google analyse l'infobox. C'est assez visible quand on cherche « France Premier ministre ».

Ce qui est intéressant, c'est que Google ne se limite pas à Wikipédia pour fournir le résultat. Par exemple, pour « France superficie », il utilise le site de TV5 (et sur ce site, la page présentant l'équipe de France de rugby).

Ça n'a l'air de rien comme ça, mais c'est absolument génial. Il y a matière à passer à la vitesse supérieure et à transformer tout Internet en une gigantesque base de données réutilisable et combinable à l'infini. Ok, je m'emballe, mais c'est bien quand même.

lundi 1 décembre 2008

Les petites éditions font les grands articles (en gros)

Je suis par intermitence le blog EVS-Islands (c'est à dire que j'ai son flux RSS en suivi, au cas où quelque chose s'y présenterait) depuis que l'auteur, un cartographe amateur si j'ai bien compris, a cartographié l'un des lacs de méthane de Titan, la Ligeia Mare. Ce qui est sympathique, c'est qu'il a placé certaines cartes sur Flickr avec les droits qui vont bien et qu'elles se sont retrouvées sur Commons (c'est la cas du lac en question). Et il n'y a rien de mieux qu'une carte pour donner un meilleur aspect à un article géographique de Wikipédia.

L'auteur du blog est parfaitement conscient de l'existence de Wikipédia. En fait, vu son dernier post, il y contribue. Il y relate avoir édité l'article sur Aratika, un atoll de Polynésie française, en y rajoutant une carte et en modifiant un peu la structure du texte afin de fluidifier l'accès à l'information. Certes, ce n'est pas beaucoup, mais l'article a clairement une meilleure tronche maintenant qu'avant. Ça tient à peu de choses.

J'aime bien cette attitude : l'édition de Wikipédia par la marge, en ajoutant des petits points par ci par là, sans drame, sans prétention. C'est tout aussi fondamental que le reste.

vendredi 21 novembre 2008

Complots

Allez, après le post sérieux de la dernière fois, le post détente (enfin, détente, c'est vous qui voyez) qui me permet de placer un maximum de liens.

Via le blog de Phil Plait (une bonne source pour ma nerditude assumée), je suis tombé sur une liste du Telegraph sur les « 30 meilleures théorie du complot ». Une théorie du complot, ça consiste à prendre des faits ordinaires (par exemple qu'on verbalise les voitures mal garées la nuit) et à supposer qu'une organisation en tire les ficelles pour atteindre un but occulte (si on verbalise les voitures mal garées la nuit, c'est pour contraindre les automobilistes à utiliser les parkings privés et augmenter les recettes des entreprises qui les gèrent, avec la complicité du gouvernement). Une théorie du complot, c'est l'art du court-circuit logique appliqué aux événements, la recherche d'un lien entre ce qui ne peut pas être relié, la justification que ce qu'on déteste est réellement la cause de tout ce qui ne va pas. Généralement, ça décoiffe.

Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi, j'adore les théories du complot (surtout depuis que j'ai joué à Illuminati quand j'étais gosse). Wikipédia également, d'ailleurs : la catégorie dédiée sur fr: contient 72 articles et 6 catégories. Sur en:, elle atteint 221 articles et 10 sous-catégories.

Donc, je suis allé vérifier si on retrouvait sur Wikipédia les 30 conspirations mentionnées dans le Telegraph. Certaines sont bien connues, d'autres à usage plus restreint. La quasi-totalité possède au moins un paragraphe dans un article wikipédien ; un nombre conséquent possède même son article dédié.

Avant toute chose, il faut préciser un point important : si en France (oui, je sais, fr: ce n'est pas seulement la France) le thème de la conspiration trouve actuellement le plus d'écho vers la gauche et vise le Grand Capital Apatride, aux États-Unis (oui, je sais, en: ce n'est pas seulement les USA), le complot est l'apanage des dingues de droite et vise surtout le gouvernement fédéral. Je simplifie évidemment, mais l'idée est là.

Évacuons les plus connues. Comme il se doit, les Protocoles des Sages de Sion sont présents ; certes, il ne s'agit pas d'une théorie du complot à proprement parler, plutôt d'un faux visant réellement à attiser la haine antisémite, mais les Protocoles jetèrent les bases de ce genre de truc. La conspiration la plus hype du moment, le camouflage de tout ou partie des attentats du 11 septembre à des fins inavouables (mais définitivement pétrolières), possède son article dédié. Le crash de Roswell est ici (il sert de base à une tripotée de théories complotistes dérivées, c'est donc bien normal). Il y a aussi le Nouvel ordre mondial et son lien avec les Illuminés de Bavière ainsi que ma préférée, le pipotage du programme Apollo.

L'assassinat de Kennedy est un sujet intéressant. Là où en: ne possède qu'un article « Kennedy assassination conspiracy theories », fr: s'est fendue d'une liste de « théories dans l'assassinat de Kennedy » et d'une « liste d'allégations démenties sur l'assassinat de Kennedy ». À priori, fr: pourrait être vue comme creusant le sujet plus profondément. Pour ma part, j'ai plus l'impression que là où en: reconnait explicitement l'aspect « théorie complotiste », fr: a plus de mal à faire la distinction.

Sinon, en: possède des articles spécifiques pour des tas d'événements, comme l'explosion du vol 103 de Pan Am, les attentats de 2005 à Londres, l'existence de Shakespeare, Harold Wilson ou la mort de Diana. Bien sûr, Paul est mort, y compris sur fr: ; en revanche, Elvis est peut être vivant mais même en: n'estime pas devoir faire un article complet sur le sujet. Par contre, j'ai appris à quoi Frank Zappa faisait référence en disant qu'« Elvis has just left the building » (et du coup, je lie vers la chanson, y'a pas de raison).

Dans d'autres cas, le complot n'est mentionné que dans le corps des articles, comme la fluorisation de l'eau potable ou les attentats de 1999 en Russie. Dans d'autres cas, il est difficile de savoir s'il s'agit juste de controverses sérieuses ou de délires complotistes, comme pour l'HAARP, l'origine du SIDA ou le réchauffement climatique.

Il y a aussi les complots qui existent par eux-même, comme l'experience Philadelphia, les chemtrails ou les hélicoptères noirs.

Globalement, fr: ne s'en sort pas mal. Je trouve qu'elle possède pas mal d'infos sur ces sujets conspirationnistes culturellement anglo-saxons. Je n'ai pas vérifié si on y trouvait beaucoup de complots culturellement français (comme par exemple les lâchers de vipères au-dessus des forêts). Le Telegraph ne mentionnait qu'une seule théorie du complot provenant réellement d'ailleurs : il y aurait eu dans le monde musulman une théorie comme quoi le tsunami du 26 décembre 2004 aurait été provoqué par un essai nucléaire israélo-indien afin d'éliminer des populations majoritairement musulmanes. Cette théorie est absente d'en: et de fr:. Par ailleurs, le Telegraph ne mentionne pas la seule théorie qui viendrait à l'esprit de tout contributeur français normalement constitué : le négationnisme de la Shoah (et les allégations de complot pour couvrir sa supposée inexistence).

Pour finir, il semble qu'une théorie est en gestation. L'Agence fédérale américaine des situations d'urgence a récemment stocké 500 000 cercueils en plastique près d'Atlanta. Dans la gnose conspirationiste, ils seraient la preuve de la création de camps de concentration en prévision de l'instauration prochaine de la loi martiale par le gouvernement fédéral. Je n'ai pas trouvé mention de cette théorie dans Wikipédia, c'est à surveiller.

Et puis tout le monde sait que Wikipédia n'est qu'un projet du gouvernement américain pour réduire la culture générale de la population et promouvoir le point de vue anglo-saxon, avec la bénédiction des actionnaires de Google et la complicité active des chiites du Vatican.

jeudi 18 septembre 2008

Wikiborg

Wikipédia est une entreprise à visées hégémoniques, tendant à absorber l'intégralité de ce que la terre compte comme sites persos. Vous êtes fan de chemins de fer, de breakbeat hardcore, de jansénisme ou des jeux vidéos publiés sur la Vectrex en 1983 ? Avant, vous auriez monté votre site dans votre coin, galéré pour trouver une présentation potable et abandonné devant le nombre de pages à rédiger ; en plus, vous auriez fait ça tout seul. Désormais, Wikipédia vous offre une excellente plate-forme de publication. Grâce à elle, vous n'avez aucun problème à expliciter votre hobby à la face du monde. Moyennant quelques petites restrictions contractuelles (neutralité, travail inédit, ce genre de choses), vous bénéficiez d'un hébergement gratuit, d'une interface robuste et d'un système hypertextuel simplifiant l'architecture de votre projet. En plus, vous ne serez plus jamais seul et vos connaissances seront liées aux sujets connexes d'une façon dont vous n'auriez jamais rêvé si vous étiez resté dans votre coin.

Bon, maintenant, comment est-ce qu'on pourrait bien assimiler un truc comme ça ?