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jeudi 23 septembre 2010

Prochaine étape : 220 !

Donc, le million.

Ce fut un peu longuet, mais on va finir par y arriver, à la millionième fiche sur la Wikipédia en français. Bien sûr, ça aura mis quatre ans de plus que sur en:, mais le résultat est là.

Maintenant, deux choses vont se passer.

La première : le millionième article ne sera pas assez bien. Pas digne d'une encyclopédie. Pas digne d'un projet culturel. Probablement ni fait, ni à faire. En plus, ça sera probablement une sale ébauche pourrie. (Pour info, le millionième sur en: était une gare. Même pas une gare connue, une simple gare de banlieue en Écosse. Et l'article initial était une sale ébauche.)

La seconde : désormais, le projet sera terminé, il n'y aura plus aucun sujet, on aura tout fini, tout éclusé, tout écrit et il faudra se concentrer sur l'existant. Faire passer le nombre d'AdQ de minuscule à risible, par exemple. Ou bien virer toutes ces fiches sans intérêt qui dénaturent le projet. Revenir au fondamentaux, quoi. (Évidemment, en: possède deux fr: et demi d'articles en plus, mais c'est pas vraiment des articles, donc ça compte pas.)

Bref, vous l'avez compris, le passage à sept chiffres va être l'occasion rêvée pour tous les pleureurs de pleurer encore plus. Alors, bien sûr, on pourrait se dire que c'est un putain de projet génial avec lequel on s'amuse trop bien, qu'on a foutu la pile à tous les détracteurs, que ça marche du feu de Dieu et qu'en plus on n'a toujours pas atteint les limites du bidule, mais ce serait probablement trop optimiste. Et l'optimisme, tout le monde vous le dira, c'est pour les abrutis, car tout est toujours perdu d'avance et si ce n'est pas parfait dès le début, ça ne sert à rien d'essayer.

Personnellement, je n'irai pas bouder mon plaisir. Je suis content que ce projet, dans lequel je me suis quand même investi depuis plus de six ans, continue à progresser.

Allez, puisqu'on y est, voici un de ces articles improbables qu'on ne peut trouver que sur Wikipédia : la boulangerie-patisserie Beaumarchais. Oui, c'est une simple boulangerie parisienne. Mais elle est inscrite aux monuments historiques. Pour en arriver à la création de l'article, il a fallu qu'un projet se monte, qu'on tâtonne pour trouver comment écrire sur des sujets de ce genre, qu'on se rende compte qu'on peut pondre des articles comme ça, que quelqu'un prenne une photo, éprouve l'envie d'en parler et se mette derrière son clavier. Une logistique complexe. Certes, ce n'est probablement pas l'article le plus important du monde : et alors ?

mardi 10 août 2010

Edit Walk

xkcd a codifié le concept de wiki walk : vous cherchez un sujet intelligent sur Wikipédia et vous finissez avec vingt onglets ouverts, portant sur des trucs complètement frivoles.

Dans mon cas, je ne fais pas que consulter. J'édite aussi. Parfois, mes éditions ont une origine totalement aléatoire.

Dimanche soir, j'étais à la recherche d'un machin à faire afin de repousser le moment d'aller me coucher. Je suis allé consulter la base Palissy, ce grand recueil français du tout et n'importe quoi vaguement patrimonial. J'ouvre donc le formulaire de recherche et, mû par une inspiration subite, je me demande combien qu'elle a de cadrans solaires dans le ventre, la base (après tout, y'a toujours la liste des cadrans solaires de Paris à compléter). Je rentre donc « cadran » dans le champ « type d'objet » et je clique sur le lexique, parce que la base Palissy, on sait jamais dans quoi les bidules sont rangés. Une collection de termes divers m'arrive dans la figure (« cache-radiateur », « cadenas de table », « cadre à grelots », etc.). « Cadran solaire » est dans le lot. Cool.

Ah oui, mais.

Juste au-dessus, je tombe sur le terme « cadran lunaire ».

Tiens, c'est quoi, ça ?

Une seule réponse sur la base : un cadran lunaire sur une maison de Varennes-sur-Loire. Pas plus d'explication que la simple existence du bouzin. Je tape le terme dans Google, n'obtient aucune réponse vraiment satisfaisante, passe à l'anglais moondial, tombe sur une série télévisée décrite sur la WP anglophone. La présence de parenthèses m'incite à penser qu'il y a de l'homonymie dans l'air. Indeed, il existe un article « Moondial ».

Donc, un cadran lunaire, c'est comme un cadran solaire, mais avec la Lune. En gros, ça ne marche qu'autour de la pleine Lune et il faut introduire une tonne de corrections pour tenir compte du mouvement apparent de l'astre. La photo du début d'article, c'est un cadran lunaire de 1733, peint sur un mur du Queen's College à Cambridge. Je n'ai aucune idée de comment ça marche, y'a des lignes partout et un tableau correctif pour l'intégralité d'une lunaison, c'est-à-dire même quand la Lune est nouvelle, ce qui est totalement absurde. Bref, les cadrans lunaires, ça semble überg33k. Je crée donc « cadran lunaire » sur fr:.

Et là, je me dis : « Poulpy, mon ami, un bitonio pseudo-scientifique datant du XVIIIe siècle, tu ne crois pas qu'on peut en trouver trace ailleurs ? » Comme je sais que j'ai parfaitement raison, j'ouvre le Trévoux sur Wikisource et recherche l'entrée « Cadran ». J'obtiens :

 « Cadran lunaire, ou à la lune, celui qui indique l’heure de la nuit par le moyen de la lumière de la lune. »

Mon intuition est bonne, mais je reste sur ma faim. Il me faut des munitions plus grosses. Du capilotractage de compèt'. Des types capables de disserter sur rien du tout pendant des pages et des pages. J'ouvre donc l'Encyclopédie à « Cadran solaire ». Je ne suis pas déçu.

 « Tracer un cadran lunaire. Supposons, par exemple, que l’on demande un cadran lunaire horisontal : décrivez d’abord un cadran solaire horisontal : élevez ensuite les deux perpendiculaires A B & C D, (fig. 19.) à la ligne de douze heures ; & divisant l’intervalle G F en douze parties égales, par les différens points de division, tirez des lignes paralleles. Maintenant si on destine la premiere ligne C D au jour de la nouvelle lune, & la seconde au jour où la lune arrive au méridien, une heure plus tard que le soleil ; & enfin la derniere ligne A B au jour de la pleine lune : les intersections de ces lignes avec les lignes horaires donneront des points, par lesquels on tracera une ligne courbe 12 12, qui sera la ligne méridienne de la lune ; on déterminera ensuite de la même maniere les autres lignes horaires, 11, 22, 33, &c. lesquelles seront coupées aux heures solaires correspondantes & respectives, ou par l’ombre de la lune, que jettera le style du cadran. On effacera les lignes horaires du cadran solaire, aussi bien que les perpendiculaires, par où l’on a tiré les heures lunaires ; & on divisera l’intervalle G F par d’autres lignes paralleles en quinze parties égales, qui répondent aux quinze jours entre la nouvelle & la pleine lune. Enfin on écrira auprès de ces lignes les différens jours de l’âge de la lune. »

 « Maintenant, connoissant par un calendrier l’âge de la lune, l’intersection de la ligne de l’âge de la lune, avec les lignes horaires de la lune, donnera l’heure de la nuit. »

Tout de suite, c'est plus clair ! Enfin, une clarté de pleine Lune, bien sûr.



Quelle est la morale de cette histoire ?
  • Au XVIIIe on n'avait pas ThinkGeek, mais on savait quand même produire du machin inutile et compliqué.
  • Quoi qu'il arrive, les encyclopédies sont écrites par de gros geeks poilus.
  • Je ne comprends pas où sont passées les planches de l'Encyclopédie dédiées à la gnomonique.
  • Palissy se vautre comme une otarie bourrée à la vodka sur un linoléum ciré quand je lui demande de me sortir la liste de ses cadrans solaires. J'ai bien fait de me concentrer sur les cadrans lunaires.
  • Je propose de lancer le concours de la meilleure photo d'un cadran lunaire d'époque, prise lors du fonctionnement nominal de la machine.

lundi 9 août 2010

Icebergs

Wikipédia, c'est bien connu, possède des articles sur tout. Bien sûr, ça désespère ceux pour qui la liste des pokémons ne devrait pas être mis au même niveau que la physique théorique. Mais comme personne ne les écoute, tout va bien.

Etdoncques, Wikipédia possède également des articles sur des icebergs. Pas le phénomène, attention (bien qu'il possède son propre article également) : des icebergs individuels.

Par exemple, B-15, détaché de l'Antarctique en 2000 et qui n'a toujours pas entièrement fondu. Ou B-17B, qui s'est promené pas loin de l'Australie. Ou T-3 (la poétique des noms des icebergs est admirable), utilisé comme station de recherche pendant plus de 30 ans, avec une piste d'atterrissage et tout.

Il y a quelque chose de formidable à consigner dans une encyclopédie des blocs de glace stériles qui disparaitront inexorablement. D'un autre côté, la totalité du contenu disparaitra un jour, alors pourquoi pas les icebergs ?

lundi 21 juin 2010

Lettres

J'aurais bien aimé vous parler, moi aussi, de la réforme du CAr. Mais non seulement je n'y comprends rien, mais en plus je m'en fous complètement. C'est dommage, ça m'aurait donné l'illusion d'être impliqué dans Wikipédia au lieu de me contenter de créer du contenu.

Parlons d'autre chose, donc. Récemment, un collègue blogueur me parlait de cet cet outil (qu'il avait trouvé en farfouillant sur l'annexe:Translittération du Wiktionnaire). L'outil en question permet de transcrire un texte écrit selon un alphabet dans un autre alphabet. Et c'est ma foi fort pratique (bien entendu, il s'agit de la transcription anglaise : « Путин » renvoie « Putin », pas « Poutine » ; il va falloir vous y faire, à ce monde qui n'accorde aucune importance au français).

À ce sujet, Wikipédia comporte quelques articles non seulement sur ces langues, non seulement sur ces alphabets, mais également dans certains cas sur les lettres elles-mêmes. Les lettres de l'alphabet latin se taille forcément la gros du morceau, mais le grec est présent et des ébauches existent pour l'arabe, l'arménien, le géorgien, l'hébreu et même le syriaque ; le cyrillique est présent, mais en partie seulement. Au niveau des syllabaires, on compte les kanas japonais.

Que manque-t-il ? En gros, les alphasyllabaires du sous-continent indien (bengalî, birman, dévanāgarī, gujarati, gurmukhī, kannada, malayâlam, oriya, tamoul, télougou, thaï), le ge'ez éthiopien, , le hangeul coréen, le khmer et l'inuktitut. Au total, ça peut faire quelque chose comme 500 à 1 000 articles. Avis aux amateurs...

(Voilà, si ça c'était pas un billet poulpique, je sais pas ce qu'il faut !)

jeudi 27 mai 2010

Voyage dans le métro de Paris

Ces derniers temps, j'ai pris le métro. Certes, j'habite à Paris donc ce n'est pas trop la grosse révélation. Le truc, c'est que je me suis baladé dans certaines stations pour vérifier que certaines œuvres y existaient toujours.

(Là vous devez vous dire : "oh non ! pas encore un billet sur l'art public !" Ben si. C'est mon blog et ma marotte du moment, donc voilà.)

Il se trouve qu'il y a quelques œuvres d'art dans le métro, à Paris (essentiellement des peintures sur les carreaux de faïence). Certes, on n'atteint pas le niveau des métros de Bruxelles ou de Stockholm, mais je fais avec ce que j'ai sous la main.

Donc, je passais il n'y a pas longtemps à Châtelet, empruntant le long couloir de correspondance entre les lignes 11 et 7 et le reste de la station, quand je me rends compte que les murs sont décorés d'une frise et que, pour une fois, un cartel semble expliquer de quoi il en retourne. Donc, je reprends le tapis roulant dans l'autre sens (le cartel est bien sûr en plein milieu du couloir) et comme je n'ai pas le temps de lire, je refais un troisième fois le parcours, mais à pied. Là, je constate qu'il s'agit d'Obliques enrubannées, une peinture murale d'un certain Hervé Mathieu-Bachelot. Et mieux que ça : le cartel liste les autres stations où le monsieur aurait placé des œuvres.

Évidemment, je me dis : "trop bien, je vais mentionner ça sur Wikipédia". Sauf que voilà : le titre des œuvres n'est pas mentionné et il me semble que la moitié de ces stations en question ont été rénovées récemment... Donc je suis allé voir sur place. Oh, pas d'un coup, bien sûr : ça m'a pris un bon mois, au petit bonheur de mes pérégrinations parisiennes. Le résultat : dans trois stations, je n'ai rien trouvé. Et j'en ai trouvé une dans une station qui n'était pas mentionnée.

La conclusion de tout ceci ? Est-ce qu'une plaque affichée dans le métro est une source acceptable sur Wikipédia ? Et si je vais sur place et que je constate qu'en fait, y'a plus, est-ce du TI ?

En tout cas, ça me fait voyager...

PS : à tous ceux qui râlent parce qu'on a créé des articles sur les rues de Paris (ou sujets assimilés) parce que pas encyclopédique et sans aucun intérêt, je vous assure que, quand on a à indiquer la localisation d'une statue, on est content d'avoir des liens bleus. C'est aussi ça, Wikipédia : on ne sait jamais trop comment vont servir les articles.

jeudi 25 février 2010

Notability, crowdsourced

À l'initiative de mon frangin, j'ai utilisé récemment last.fm, qui me permet de me la jouer en montrant au monde les trucs bizarres que j'écoute (ou pas, vu que personne ne me connait).

OK, ma vie, vous vous en moquez comme de votre première clé USB. Mais il y a un truc que j'ai trouvé intéressant : last.fm enregistre le nombre de fois qu'un titre a été écouté par ses clients, ce qui permet de faire des stats agrégées (par artiste, par album, par date, par nombre d'écoutes, etc.). Si vous allez , par exemple, vous constaterez que les Beatles ont été écouté plus de 200 millions de fois en cinq ans, par deux millions d'utilisateurs distincts.

Et c'est là que je me dis que c'est utile pour mon autre passe-temps : au lieu d'aller se pignoler avec des critères complexes et forcément voués à l'échec puisque ramant après le train (cette image me semble tout de même étrange), autant aller voir la fiche correspondante sur last.fm : plus de XXX écoutes ? C'est bon, c'est notable. Après tout, ça concentrerait le problème sur l'essentiel : la musique dont on parle, là, elle est connue ou pas ?

Oui, je sais, trompeur, faussé, pas fiable, etc. Personnellement, je ne vois qu'un seul vrai problème à cette approche : il ne serait plus possible de se réfugier derrière des critères arbitraires afin de dégager au maximum les articles qu'on n'aime pas. Bref, le drame. :)

PS : Pour être honnête, avant qu'on ne m'accuse de faire le jeu des fossoyeurs de Wikipédia inféodés à l'argent et à la stupidité des mass-medias, je précise que je ne préconise pas vraiment cette méthode. C'est juste une idée en l'air, comme ça.

samedi 13 février 2010

La Peur du vide ?

Hier soir, j'ai retrouvé quelques collègues wikipédiens autour d'une bière, comme ça m'arrive quelques fois (on parle de la cabale admin, de la cabale IRC, mais personne n'a encore songé à mentionner la cabale bibine). Et hier soir, donc, entre deux cassages de sucre sur le dos des absents, mon voisin de gauche a prononcé une phrase. Et il a résumé un point que j'ai toujours eu sur le bout de la langue, mais que je n'avais pas vraiment conceptualisé.

Sur Wikipédia, tout le monde se fout sur la gueule pour savoir ce qu'on place sur le site. Tout le monde a sa propre opinion, éventuellement teintée de mauvaise foi, mais plutôt basés sur des critères logiques (vous pensez certainement que la logique de votre adversaire est illogique, mais vous voyez ce que je veux dire). Et puis il y a ce courant qui n'est lié à aucune logique, à aucun critère, à aucune raison, qui n'est même pas lié à un sujet à proprement parler : la peur du chiffre.

La peur du chiffre, on l'a tous rencontré un jour ou l'autre. Très probablement, on l'a même déjà éprouvée (surtout quand on est frais arrivé sur WP). C'est celle qui fait dire : « mais il y a déjà XXX articles sur le sujet : on ne va quand même pas en rajouter d'autres ! » Ici, il n'est pas question de se demander si les autres articles sont admissibles ou pertinents (quand on en arrive là, c'est en général qu'ils le sont) ou même si ça va poser des problèmes de maintenance (c'est pertinent, mais assez peu critique) : c'est une vraie angoisse totalement déconnectée de toute réalité, complètement irrationnelle, une angoisse qui n'a rien à voir avec un quelconque contenu. C'est l'angoisse d'ajouter du contenu à ce qui existe déjà. L'angoisse d'avoir plus d'articles. Ce n'est pas la peur que la quantité prenne le pas sur la qualité : c'est la peur de la quantité pour elle-même. C'est, en quelque sorte, la peur des grands espaces version wiki. La tétanisation devant l'infini.

Je trouve cette peur étrange. S'il y a bien quelque chose qui n'a aucune espèce d'importance sur Wikipédia, c'est précisément la quantité. Qu'on rajoute dix, mille, un million d'articles, ça ne changera rien au reste, ça ne le pourrira pas, il n'en sera pas lésé. Alors pourquoi cette peur ?

mardi 15 décembre 2009

Ŵ

Aujourd'hui, entre deux tranches de travail, je me suis traduit un article à forte teneur en poulpe : la liste de caractères Unicode latins précomposés (en gros, ces glyphes qui sont en théorie composés de deux caractères mais qui possèdent quand même leur propre caractère Unicode, comme les caractères accentués ou certaines ligatures). C'est un festival de lettres marrantes, comme Ỗ (O accent circonflexe et tilde), Ť (T hatchek), Ǣ (AE avec macron) ou ffl (ffl). Les esprits chagrins diront que TI, pas encyclopédique, liste, inutile, mais personne n'écoute les esprits chagrins de toute façon.

(..Souvenirs, une chose en rappelle une autre...)

En 1998, j'ai commencé à écouter pas mal de musique électronique (pour être honnête, j'en écoutais également beaucoup avant, mais ce n'était pas la même chose). Je suis tombé à un moment sur l'excellent In Sides d'Orbital, dont la cinquième piste porte ce nom magique : Dŵr Budr.

Quand on rencontre un titre pareil, on se demande si c'est une erreur typographique, une utilisation superfétatoire d'un accent circonflexe (après tout, Aphex Twin a bien intitulé l'une des ses plages ΔMi−1 = −aΣn=1NDi[n] [Σj∈ℂ{i}Fij[n−1]+[Fexti[n−1]], et je ne parle même pas de Spinal Tap) ou un truc qui existe vraiment pour de vrai dans le véritable monde. Et puis allez donc faire un « ŵ » pour le chercher sur Internet... En 1998, vous n'avez pas vraiment Internet, Google n'existe pas et votre entrée sera traitée comme un simple double-vé par les maigres moteurs de recherche de l'époque. Reste les sites de fans. S'ils vous l'expliquent. S'ils existent.

Mais nous sommes en 2010. Grâce à Wikipédia, vous apprenez que le ŵ se prononce comme un « ou » long en gallois. Dŵr Budr signifie simplement « eau sale » et fait référence au naufrage du pétrolier Sea Empress au large des côtes galloises en 1996 (et en plus, il m'est possible de donner un lien pour écouter directement le morceau : c'est pas beau, ça ?)

lundi 14 septembre 2009

Je tue des bébés chats

Il parait que je suis inclusionniste. J'ai toujours trouvé cette dénomination parfaitement conne, mais c'est celle-là qui a pris. En tout cas, on m'a déjà dit que j'étais le chef de file des inclusionnistes. Ou leur chef spirituel. Ou que ma vision de l'encyclopédie est fortement inclusionniste. Enfin, bref, si j'ai bien compris la chose, ça veut en général dire que je suis prêt à mettre n'importe quoi dedans. Oh boys, quand vous me dites ça, vous n'avez même pas idée.

Il est bon, entres gens distingués, de médire des inclusionnistes. Il me semble que la majeure partie de mes confrères bloggueurs n'en sont pas. Pour être honnête, il faut avouer que les inclusios standards penchent plutôt vers l'état de boulet que celui de contributeur raisonné, et que leur position tient plus de la mauvaise foi que de la volonté de développement rationnel de Wikipédia. Du coup, on ne peut plus défendre un sujet bâtard sans se faire rappeler qu'untel a balancé que les suppressionnistes sont des terroristes. C'est très bon pour le moral. Déjà qu'on s'adressait systématiquement à vous avec un petit air condescendant (ne niez pas), faut maintenant se farcir les conneries des autres. Bref.

Mon idée sur le sujet, c'est qu'on devrait accepter tout et n'importe quoi. Que l'auto-censure est néfaste à WP. Qu'on gagnerait à arrêter de se prendre la tête sur ce qui doit vivre ou mourir. Qu'on se tape pas mal de ce qui arrive dans la base de données. Que ce qui compte, ce ne sont pas les critères d'admissibilité, mais les critères de rédaction. Que la notoriété n'est qu'un concept inventé pour limiter artificiellement le nombre d'articles. Que presque personne n'a vraiment pigé l'utilité de WP. Que tout le monde fonctionne comme s'il s'agissait d'une encyclopédie du XIXe. Que WP doit être une base de données. Qu'on est tous beaucoup plus préoccupé par le qu'en-dira-t-on que par le développement construit de Wikipédia.

Ceci étant dit, je sais plus ou moins me comporter en société. Autrement dit, je ne suis pas là en train de raconter à tous ceux qui passent qu'ils font fausse route : Wikipédia fonctionne avec ses règles propres, ce ne sont pas celles que j'aurais souhaitées, tant pis, je fais avec, ce n'est pas un drame. Des tombereaux d'articles sont supprimés tous les jours, il y a un paquet de sujets que j'aimerais bien créer mais ne le peux pas : et alors ?

La vérité, c'est que ça fait des lustres que l'opposition entre inclusios et suppressios est obsolète. Wikipédia a défini son corpus d'admissibilité à sa façon, par la discussion, le consensus et le fait établi. C'est terminé : on peut passer à autre chose ? Je n'ai pas envie, en 2015, d'entendre tout le monde discutailler encore pour savoir ce qu'on met dans WP ou ce qu'on n'y met pas.

mercredi 10 décembre 2008

Lost in encyclopedia

Le traitement des sujets non-traditionnels est délicat, sur Wikipédia. La Révolte des Boxers, l'économie du Pakistan, la Flûte enchantée ou le théorème de Pythagore, on sait faire sans problème. Pas parce que se seraient des sujets « encyclopédiques », pas vraiment non plus parce qu'il existe de la littérature dessus ; plutôt parce qu'ils ont été traités dans plein d'autres encyclopédies et que le processus de rédaction est éprouvé. Maintenant, le reste : on en fait quoi ?

Il existe un site web humoristique francophone nommé perdu.com. Site antédiluvien (la première mouture date de 1996), il était très pertinent à cette époque où les moteurs de recherche n'existaient pas vraiment et où naviguer sur Internet nécessitait d'avoir une liste de bookmarks longue comme le bras (c'était l'époque des listes de liens sur les premières pages perso). Tout Internet (du texte, essentiellement) tenait sur quelques téraoctets : une quantité d'information dérisoire aujourd'hui mais dont l'accès était malcommode. Bref, perdu.com représentait quelque chose de concret. De par sa taille (quelques centaines d'octets) et sa mise en page purement textuel, il délivre son message de façon compacte, adaptée aux capacités de l'époque.

Je n'irai pas jusqu'à dire que perdu.com est un site important. C'est juste qu'il existe et qu'il est particulier, à sa manière tordue et bizarre.

Jusqu'à hier, perdu.com ne possédait pas d'article. Seulement voilà, je me suis lamenté sur le Bistro comme quoi ce site ne serait jamais présent sur Wikipédia parce que ce n'est pas le genre de la maison. Forcément, l'article a été créé (j'imaginais que quelqu'un allait le faire). Forcément, il est passé en PàS (aucune surprise non plus). Par contre, et c'est là que je suis étonné, le consensus est clairement en faveur de la conservation (et par 4 voix sur 5, un plébiscite).

Le problème dans tout ça, c'est que les arguments des uns et des autres ne sont pas très probants. Pour être honnête, les arguments en faveur de la suppression sont les plus pertinents, dans un sens : pas de sources sérieuses, impossible de montrer que le sujet est significatif, aucune estimation fiable de la fréquentation. Avouez quand même que ce n'est pas rien ! Le problème : qu'on le veuille ou non, il sera difficile (peut-être impossible) de trouver des éléments de réponse (des sources secondaires sur perdu.com ? Pire encore : des sources secondaires traditionnelles sur perdu.com ? Vous rêvez les yeux ouverts). Dans le même temps, qu'on le veuille ou non, on peut considérer qu'il est dommage de ne pas mentionner le sujet : il signifie quelque chose.

Wikipédia se base sur une approche classique de l'encyclopédisme. Ça marche bien pour les sujets bateaux, ceux qu'on associe aux encyclopédies. Tant que ces ouvrages étaient contraints physiquement (le papier n'est pas extensible) et moralement (une encyclo papier doit faire sérieux pour être vendue), il n'y avaient pas lieu de se poser de questions. Wikipédia a fait exploser ce modèle. Mais si la place n'est plus un problème, le contenu reste problématique. Une critique récurrente (à part le fait que n'importe qui peut éditer n'importe quoi) met l'accent sur la diversité excessive (forcément excessive) de ce qu'on y trouve. Wikipédia, c'est l'encyclopédie des Pokémons, des lignes de chemin de fer et des trucs pas sérieux. Bref, Wikipédia n'est pas digne d'une encyclopédie.

C'est un raisonnement très embêtant. Certes, il est méprisant et néglige l'intérêt de cette accumulation disparate pour les personnes concernées. Mais il a surtout conduit à ne pas s'interroger sur le traitement de ces sujets autrement que sur le mode de l'affrontement entre inclusionnistes et suppressionnistes (je ne considère pas les critères comme une réponse cohérente). Le résultat, c'est qu'après bientôt dix ans, personne n'est capable de répondre simplement à cette question : perdu.com mérite-t-il de figurer sur Wikipédia ? L'article a été créé parce que j'en ai parlé sur le Bistro (ce qui m'inciterait à faire gaffe à ce que je raconte) et il ne sera conservé qu'après un vote non argumenté. En résumé : création parce qu'une personne relativement influente en parle et conservation au doigt mouillé. Dans l'intervalle, la menace de la suppression a été brandie, les forces de l'encyclopédie ont été dispersée, rien n'a été tiré de concret. Je ne sais pas, peut-être qu'il n'est pas possible de traiter de genre d'articles autrement qu'en posant clairement la question : « voulez-vous oui ou non le conserver ? N'expliquez pas pourquoi, dite juste comment vous le sentez. »

Pour la petite histoire, la taille de l'article sur perdu.com dépasse désormais largement celle du site qu'il décrit. Il a déjà connu une vingtaine d'éditions, y compris demandes de références et reverts. La première version de l'article contenait le texte intégral, un bel exemple de copyvio : elle a été purgée. Mais l'auteur, contacté, a accepté de le placer en GFDL. Toute l'histoire de Wikipédia en moins de 24h. Étonnant, non ?

EDIT : j'imagine que je vais en voir passer ici qui vont me dire en gros : « pas de sources, pas de chocolat ». Ce n'est pas le problème. Dans le cas de perdu.com, par exemple, on peut décrire le site et dire depuis quand il existe ; ça produit un article court, mais viable. D'autres vont leur répondre le contraire. Je le répète, ce n'est pas le propos de ce post. D'ailleurs, je préviens direct : tout commentaire qui confondra mon blog avec la page de PàS (dans quelque sens que ce soit) sera impitoyablement passé à la broyeuse.

vendredi 5 décembre 2008

Cartes à jouer


C'est bientôt le week-end et la froideur hivernale semble engourdir les blogs wikipédiens francophones (Pierrot, Popo et Poulpy, les pseudos en P). Ce qui suit donc est un post léger, histoire de boucher un trou.

Ça partait d'une discussion tardive sur IRC. Comme je suis connu comme le type qui fait des articles totalement superfétatoires (frontières, méridiens terrestres, astéroïdes, ce genre de choses), on m'a dit en gros : « Poulpy, mon petit, ça te dirait de créer des articles sur les cartes à jouer ? » Attention, hein, pas les jeux de cartes : les cartes.

Et bien, il se trouve qu'il en existe déjà deux : le 9 de pique et le roi de carreau. Leur contenu minimal est à mon avis destiné à le rester, car j'ai beau me creuser la tête et être un exhaustiviste notoire, j'ai du mal à savoir quoi raconter de plus sur le 9 de pique. C'est bête, j'étais prêt à créer les 50 articles restants.

Bon, le roi de cœur, éventuellement, on pourrait dire qu'il est différent du roi de carreau... Mais le 8 de pique... Ou le 9 de trêfle...

(En passant, jetez un coup d'œil sur l'infobox carte à jouer, qui contient les infos suivantes : le nom de la carte et son successeur et prédécesseur dans le jeu de 52 cartes. Et, euh, c'est tout.)

Remarquez, peut-être qu'il y a à dire des choses particulières à dire pour chacune des cartes. Une valeur spéciale dans un jeu, par exemple. C'est probablement un test de foi. Une mise à l'épreuve wikipédienne. Sûrement. Ces articles peuvent être créés. L'inverse est impossible.

mardi 7 octobre 2008

L'idée un peu bêbête du jour

Truc pour avoir plein d'articles :
  • Prendre une carte de l'IGN, la série bleue. À défaut, aller sur le Géoportail.
  • Faire un article sur tous les lieux, villages, rivières, lacs, monts, forêt, etc. nommés sur la carte
(Ah ben oui, j'avais bien dit que c'était un peu bêbête.)

jeudi 18 septembre 2008

Wikiborg

Wikipédia est une entreprise à visées hégémoniques, tendant à absorber l'intégralité de ce que la terre compte comme sites persos. Vous êtes fan de chemins de fer, de breakbeat hardcore, de jansénisme ou des jeux vidéos publiés sur la Vectrex en 1983 ? Avant, vous auriez monté votre site dans votre coin, galéré pour trouver une présentation potable et abandonné devant le nombre de pages à rédiger ; en plus, vous auriez fait ça tout seul. Désormais, Wikipédia vous offre une excellente plate-forme de publication. Grâce à elle, vous n'avez aucun problème à expliciter votre hobby à la face du monde. Moyennant quelques petites restrictions contractuelles (neutralité, travail inédit, ce genre de choses), vous bénéficiez d'un hébergement gratuit, d'une interface robuste et d'un système hypertextuel simplifiant l'architecture de votre projet. En plus, vous ne serez plus jamais seul et vos connaissances seront liées aux sujets connexes d'une façon dont vous n'auriez jamais rêvé si vous étiez resté dans votre coin.

Bon, maintenant, comment est-ce qu'on pourrait bien assimiler un truc comme ça ?

jeudi 14 août 2008

Interrogation bassement inclusionniste

Si un article ne gêne personne, quelle raison y a-t-il de le supprimer ?


Non, sérieusement ?