Février est bien entamé. Les bonnes résolutions s'effacent. Faisons le point : quels sont mes projets de contribution pour 2011 ?
J'espère continuer mes ébauches sur l'art public. Les œuvres parisiennes commencent à être recensées correctement (même s'il en manque un tas) et je ne désespère pas d'étendre ça au delà du périphérique (oui, je suis prêt à vous créer un article pour toutes les statues en plein air en France ; créez des critères pour m'en empêcher ou taisez-vous à jamais).
Mon problème : l'absence d'info, reflet du peu d'intérêt de tout le monde pour cette question. L'art public, installé sur l'espace public grâce à des fonds publics après des débats publics, ne semble concerner personne ; s'y intéresser me paraît presque étrange. Un exemple : je suis allé voir ce week-end un nouvelle œuvre intitulée « la Ceinture de feu », installée sur la façade du nouveau bâtiment de l'Institut de physique du globe de Paris. Reproduisant le parcours de la ceinture de feu du Pacifique, c'est à la fois pertinent, plutôt bien foutu et pédagogique. Je suis au courant de son existence par un blog : la mairie de Paris n'en parle pas, la mairie du 5e n'en parle pas, l'IPGP n'en parle pas, la presse locale n'en parle pas. C'est probablement honteux.
Deuxième tâche de fond : continuer à créer ou améliorer de l'article de géographie. sur ce point, l'Afrique reste en grande partie un continent vierge et inexploré. Regardez l'état du Nil Blanc, une petite rivière il est vrai sans grand intérêt, ou des zones de gouvernement local, des subdivisions du Nigeria qui ne concernent il est vrai que 200 000 habitants en moyenne. Y'a du boulot.
Une autre idée : reprendre tous les articles que j'ai créés sur les frontières. Peut-être vérifier ceux qui ont été améliorés depuis leur ébauchage. En tirer des conclusions.
Dernier point, et pas le moindre : finir la transcription du Bailly sur Wikisource. Ce dictionnaire de grec ancien devrait me prendre toute l'année. Il faudrait également dispatcher son contenu sur le Wiktionnaire.
Bref, je ne devrais pas m'ennuyer. Comme j'ai tendance à contribuer de moins en moins, je dois avoir du boulot jusqu'en 2014.
Affichage des articles dont le libellé est Wikisource. Afficher tous les articles
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lundi 14 février 2011
mardi 10 août 2010
Edit Walk
Dans mon cas, je ne fais pas que consulter. J'édite aussi. Parfois, mes éditions ont une origine totalement aléatoire.
Dimanche soir, j'étais à la recherche d'un machin à faire afin de repousser le moment d'aller me coucher. Je suis allé consulter la base Palissy, ce grand recueil français du tout et n'importe quoi vaguement patrimonial. J'ouvre donc le formulaire de recherche et, mû par une inspiration subite, je me demande combien qu'elle a de cadrans solaires dans le ventre, la base (après tout, y'a toujours la liste des cadrans solaires de Paris à compléter). Je rentre donc « cadran » dans le champ « type d'objet » et je clique sur le lexique, parce que la base Palissy, on sait jamais dans quoi les bidules sont rangés. Une collection de termes divers m'arrive dans la figure (« cache-radiateur », « cadenas de table », « cadre à grelots », etc.). « Cadran solaire » est dans le lot. Cool.
Ah oui, mais.
Juste au-dessus, je tombe sur le terme « cadran lunaire ».
Tiens, c'est quoi, ça ?
Une seule réponse sur la base : un cadran lunaire sur une maison de Varennes-sur-Loire. Pas plus d'explication que la simple existence du bouzin. Je tape le terme dans Google, n'obtient aucune réponse vraiment satisfaisante, passe à l'anglais moondial, tombe sur une série télévisée décrite sur la WP anglophone. La présence de parenthèses m'incite à penser qu'il y a de l'homonymie dans l'air. Indeed, il existe un article « Moondial ».
Donc, un cadran lunaire, c'est comme un cadran solaire, mais avec la Lune. En gros, ça ne marche qu'autour de la pleine Lune et il faut introduire une tonne de corrections pour tenir compte du mouvement apparent de l'astre. La photo du début d'article, c'est un cadran lunaire de 1733, peint sur un mur du Queen's College à Cambridge. Je n'ai aucune idée de comment ça marche, y'a des lignes partout et un tableau correctif pour l'intégralité d'une lunaison, c'est-à-dire même quand la Lune est nouvelle, ce qui est totalement absurde. Bref, les cadrans lunaires, ça semble überg33k. Je crée donc « cadran lunaire » sur fr:.
Et là, je me dis : « Poulpy, mon ami, un bitonio pseudo-scientifique datant du XVIIIe siècle, tu ne crois pas qu'on peut en trouver trace ailleurs ? » Comme je sais que j'ai parfaitement raison, j'ouvre le Trévoux sur Wikisource et recherche l'entrée « Cadran ». J'obtiens :
« Cadran lunaire, ou à la lune, celui qui indique l’heure de la nuit par le moyen de la lumière de la lune. »
Mon intuition est bonne, mais je reste sur ma faim. Il me faut des munitions plus grosses. Du capilotractage de compèt'. Des types capables de disserter sur rien du tout pendant des pages et des pages. J'ouvre donc l'Encyclopédie à « Cadran solaire ». Je ne suis pas déçu.
« Tracer un cadran lunaire. Supposons, par exemple, que l’on demande un cadran lunaire horisontal : décrivez d’abord un cadran solaire horisontal : élevez ensuite les deux perpendiculaires A B & C D, (fig. 19.) à la ligne de douze heures ; & divisant l’intervalle G F en douze parties égales, par les différens points de division, tirez des lignes paralleles. Maintenant si on destine la premiere ligne C D au jour de la nouvelle lune, & la seconde au jour où la lune arrive au méridien, une heure plus tard que le soleil ; & enfin la derniere ligne A B au jour de la pleine lune : les intersections de ces lignes avec les lignes horaires donneront des points, par lesquels on tracera une ligne courbe 12 12, qui sera la ligne méridienne de la lune ; on déterminera ensuite de la même maniere les autres lignes horaires, 11, 22, 33, &c. lesquelles seront coupées aux heures solaires correspondantes & respectives, ou par l’ombre de la lune, que jettera le style du cadran. On effacera les lignes horaires du cadran solaire, aussi bien que les perpendiculaires, par où l’on a tiré les heures lunaires ; & on divisera l’intervalle G F par d’autres lignes paralleles en quinze parties égales, qui répondent aux quinze jours entre la nouvelle & la pleine lune. Enfin on écrira auprès de ces lignes les différens jours de l’âge de la lune. »
« Maintenant, connoissant par un calendrier l’âge de la lune, l’intersection de la ligne de l’âge de la lune, avec les lignes horaires de la lune, donnera l’heure de la nuit. »
Tout de suite, c'est plus clair ! Enfin, une clarté de pleine Lune, bien sûr.
Quelle est la morale de cette histoire ?
- Au XVIIIe on n'avait pas ThinkGeek, mais on savait quand même produire du machin inutile et compliqué.
- Quoi qu'il arrive, les encyclopédies sont écrites par de gros geeks poilus.
- Je ne comprends pas où sont passées les planches de l'Encyclopédie dédiées à la gnomonique.
- Palissy se vautre comme une otarie bourrée à la vodka sur un linoléum ciré quand je lui demande de me sortir la liste de ses cadrans solaires. J'ai bien fait de me concentrer sur les cadrans lunaires.
- Je propose de lancer le concours de la meilleure photo d'un cadran lunaire d'époque, prise lors du fonctionnement nominal de la machine.
dimanche 28 février 2010
La Guerre des encyclos
« Bigot, en Italien Bigontia, est la mesure pour les liquides, dont on se sert à Venise. Le bigot est la quatrième partie de l’amphora, & la moitié de la botte. »
« Bigot, (Commerce.) en Italien bigontia ; mesure pour les liquides dont on se sert à Venise. Le bigot est la quatrieme partie de l’amphora, & la moitié de la botte. »
Hu hu hu. :)
(Mais comme le Trévoux est édité à partir de 1704 et l'Encyclopédie à partir de 1751, il est où, le copyvio ?)
« Bigot, (Commerce.) en Italien bigontia ; mesure pour les liquides dont on se sert à Venise. Le bigot est la quatrieme partie de l’amphora, & la moitié de la botte. »
Hu hu hu. :)
(Mais comme le Trévoux est édité à partir de 1704 et l'Encyclopédie à partir de 1751, il est où, le copyvio ?)
lundi 28 septembre 2009
Šumma awilum
Hier soir, un éminent confrère wikipédien se demandait s'il existait un exemple de texte cunéiforme en Unicode. La réponse (après quelques recherches) : pas des masses.
Il existe pourtant pas mal de ressources web sur le sujet. La Cuneiform Digital Library Initiative, par exemple, met en ligne le contenu de plusieurs centaines de milliers de tablettes cunéiformes. La translitération semble au point. Il existe également tout un plan Unicode dédié. Bref, l'akkadien, sur Internet, c'est pas de l'hébreu.
Le truc qu'on ne trouve pas, par contre, c'est en même temps : l'image originale, sa transcription textuelle en Unicode (je vous explique pas la tronche de l'OCR...), sa translittération et sa traduction. Y'a donc un marché à prendre pour Wikisource.
Allez, si on arrive à faire ça pour le code d'Hammurabi, on vous prévient. Ca serait une première.
Il existe pourtant pas mal de ressources web sur le sujet. La Cuneiform Digital Library Initiative, par exemple, met en ligne le contenu de plusieurs centaines de milliers de tablettes cunéiformes. La translitération semble au point. Il existe également tout un plan Unicode dédié. Bref, l'akkadien, sur Internet, c'est pas de l'hébreu.
Le truc qu'on ne trouve pas, par contre, c'est en même temps : l'image originale, sa transcription textuelle en Unicode (je vous explique pas la tronche de l'OCR...), sa translittération et sa traduction. Y'a donc un marché à prendre pour Wikisource.
Allez, si on arrive à faire ça pour le code d'Hammurabi, on vous prévient. Ca serait une première.
samedi 29 août 2009
Trévoux
Entrainé par l'enthousiame de certains contributeurs, je me suis mis à contribuer au projet Trévoux sur Wikisource. Le Trévoux, c'est une sorte de dictionnaire encyclopédique du XVIIIe qui possède plusieurs particularités (mention de la pluralité des points de vue, sourçage, etc. Mais Serein en parle mieux que moi). L'ouvrage n'oublie même pas le troll, en témoin ce passage à l'entrée « bayer » :
« Ce verbe est toujours neutre. Les Vocabulistes le disent avec tout le monde ; & pour le prouver, ils apportent cet exemple. Que bayez-vous là depuis deux heures ? Eux qui relevent si durement les prétendues bevues des autres, comment qualifiroient-ils celle-ci. »
Ouaip, ça balançait sec, chez les Jésuites du XVIIIe.
Sinon, les auteurs utilisent sans aucun complexe des termes en latin, en hébreu et en grec ancien, ce qui rend la transcription parfois difficile pour un type du XXIe comme moi. Butant sur un terme grec contenant le caractère « ȣ », je me suis rappelé que la place était plus limitée sur un dictionnaire de 1769 que sur une encyclopédie en ligne de 2009 et que l'usage des ligatures était alors courant (ici, celle d'un omicron et d'un upsilon, histoire d'éviter d'écrire « ου »). Pour prolonger l'expérience, je me suis créé une ébauche sur les ligatures de l'alphabet grec et j'ai constaté dans la foulée que c'est moi qui avait créé l'article ȣ il y a quatre ans, et que j'avais oublié d'y mentionner l'essentiel.
C'est sûr, ça me change des frontières et des astéroïdes.
« Ce verbe est toujours neutre. Les Vocabulistes le disent avec tout le monde ; & pour le prouver, ils apportent cet exemple. Que bayez-vous là depuis deux heures ? Eux qui relevent si durement les prétendues bevues des autres, comment qualifiroient-ils celle-ci. »
Ouaip, ça balançait sec, chez les Jésuites du XVIIIe.
Sinon, les auteurs utilisent sans aucun complexe des termes en latin, en hébreu et en grec ancien, ce qui rend la transcription parfois difficile pour un type du XXIe comme moi. Butant sur un terme grec contenant le caractère « ȣ », je me suis rappelé que la place était plus limitée sur un dictionnaire de 1769 que sur une encyclopédie en ligne de 2009 et que l'usage des ligatures était alors courant (ici, celle d'un omicron et d'un upsilon, histoire d'éviter d'écrire « ου »). Pour prolonger l'expérience, je me suis créé une ébauche sur les ligatures de l'alphabet grec et j'ai constaté dans la foulée que c'est moi qui avait créé l'article ȣ il y a quatre ans, et que j'avais oublié d'y mentionner l'essentiel.
C'est sûr, ça me change des frontières et des astéroïdes.
vendredi 10 avril 2009
Apocryphe
C'est un article que j'ai vu passer sur le Bistro d'hier qui m'y a fait penser. L'article s'intitule « les étudiants de la génération Wikipedia sont paresseux » et dit, en gros, que selon les profs, les étudiants sont des fumistes qui s'attendent à ce que tout leur tombe tout cuit dans le bec et que c'est la faute d'Internet (bon, ok, je résume).
Bon, les étudiants sont des imbéciles immatures, tout le monde le sait (soyons honnête, ce n'est pas exactement ce que l'étude citée raconte, même si c'est tout de même ce que l'article sous-entend) : c'est un lieu-commun. C'est bien entendu un gros fantasme qui permet d'éviter de se dire que les temps changent.
Cet épisode m'a rappelé un texte sur lequel j'étais tombé peu de temps après mes débuts sur Internet. Un texte qui donne quatre citations sur la décadence de la jeunesse, avant de signaler qu'elles ont toutes plus de 2 000 ans. Vous pouvez en trouver une copie ici. C'est percutant, bien vu et probablement du pipeau intégral.
Prenez la prétendue citation de Socrate :
« Notre jeunesse [...] est mal élevée, elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui [...] ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans la pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais. »
Bon, si c'est Socrate, ça vient presqu'à coup sûr d'un texte de Platon. Et si ça vient de Platon, c'est trouvable sur Internet. Premier problème : l'omniscient Google, lorsqu'on lui demande de chercher une partie de ce texte, ne semble renvoyer que des liens vers ces quatre citations. Déjà, c'est plus que louche. Peut-être est-ce une traduction alternative ? Avec des termes clés, les résultats ne sont pas plus significatifs.
À ce moment là, j'ai besoin de restreindre la cible. Justement, Wikisource me fournit la quasi-totalité des œuvres de Platon directement en texte : il est très facile de faire des recherches dessus. Chou blanc à nouveau. Même La République ne contient pas la citation, et pourtant elle possède son content de conneries.
J'abandonne donc la recherche ; si quelqu'un est plus informé que moi, je suis preneur.
En tout cas, j'aurais passé une dizaine de minutes à faire usage des moyens informatiques actuels et abandonné dès qu'il aura fallu pousser plus loin. C'est totalement le cadre de l'article, mais je pense néanmoins que c'est à côté de la plaque.
Bon, les étudiants sont des imbéciles immatures, tout le monde le sait (soyons honnête, ce n'est pas exactement ce que l'étude citée raconte, même si c'est tout de même ce que l'article sous-entend) : c'est un lieu-commun. C'est bien entendu un gros fantasme qui permet d'éviter de se dire que les temps changent.
Cet épisode m'a rappelé un texte sur lequel j'étais tombé peu de temps après mes débuts sur Internet. Un texte qui donne quatre citations sur la décadence de la jeunesse, avant de signaler qu'elles ont toutes plus de 2 000 ans. Vous pouvez en trouver une copie ici. C'est percutant, bien vu et probablement du pipeau intégral.
Prenez la prétendue citation de Socrate :
« Notre jeunesse [...] est mal élevée, elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui [...] ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans la pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais. »
Bon, si c'est Socrate, ça vient presqu'à coup sûr d'un texte de Platon. Et si ça vient de Platon, c'est trouvable sur Internet. Premier problème : l'omniscient Google, lorsqu'on lui demande de chercher une partie de ce texte, ne semble renvoyer que des liens vers ces quatre citations. Déjà, c'est plus que louche. Peut-être est-ce une traduction alternative ? Avec des termes clés, les résultats ne sont pas plus significatifs.
À ce moment là, j'ai besoin de restreindre la cible. Justement, Wikisource me fournit la quasi-totalité des œuvres de Platon directement en texte : il est très facile de faire des recherches dessus. Chou blanc à nouveau. Même La République ne contient pas la citation, et pourtant elle possède son content de conneries.
J'abandonne donc la recherche ; si quelqu'un est plus informé que moi, je suis preneur.
En tout cas, j'aurais passé une dizaine de minutes à faire usage des moyens informatiques actuels et abandonné dès qu'il aura fallu pousser plus loin. C'est totalement le cadre de l'article, mais je pense néanmoins que c'est à côté de la plaque.
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