mardi 9 septembre 2008

Geotag everything!

J'imagine que tout le monde ici connait le petit modèle {{coord}}. Il se place en haut à droite des articles et permet d'en donner la localisation géographique. Bien sûr décrié, parce qu'intrusif, conduisant à des liens externes, pas encyclopédiques, etc.

Si ça se trouve, ce petit machin tout bête est l'une des plus grandes réussites de Wikipédia, parce qu'il est facilement réutilisé par des applications tierces. Par exemple, Google Maps donne la possibilité d'afficher directement sur sa carte des liens vers les articles correspondants, offrant une dimension supplémentaire à cet atlas en ligne. Pour Google Maps, ça permet d'offrir des informations sur ce qui est affiché à l'écran, sans avoir à se retaper le boulot de Wikipédia. Pour Wikipédia, ça permet de visualiser les articles différemment, sans réinventer la roue.

Récemment, je me suis offert un iPhone. Il possède un GPS, pas toujours très précis mais globalement suffisant. Forcément, quelqu'un a programmé GeoPedia, un utilitaire qui regarde où je suis et me retourne la liste des articles de Wikipédia correspondant à des lieux proches de moi. Encore une autre façon d'organiser les articles dont l'existence est possible parce qu'on s'est cassé à les géolocaliser. Bien sûr, les esprits chagrins me diront que ce n'est qu'un gadget et que la qualité et la quantité et tout ça : et alors ?

jeudi 4 septembre 2008

Défense de la veuve et de l'orphelin

Je suis tombé ce matin sur un article de Télérama concernant les orphan works. Les « œuvres orphelines », ce sont en gros ces œuvres dont le détenteur des droits est introuvable, ou très difficile à contacter. Il existe tout un mouvement visant à accroitre les possibilités d'utilisation de ces œuvres par des tiers — ce qui est, pour l'instant, plutôt illégal, même si par nature très difficile faire respecter (le Congrès américain, par exemple, a tenté il y a peu de faire passer une loi visant entre autre à les placer directement dans le domaine public).

Donc, je lisais cet article et me disais en mon for intérieur : « purée, qu'est-ce que ça simplifierait notre vie de wikipédiens, un truc pareil ».

Évidemment, l'article avait un avis assez différent du mien, qui mélait anti-américanisme de base (« ce machin, c'est encore un truc des impérialistes gougeuliens pour se faire du fric sur notre dos et ces grands enfants d'Amerloques ne font rien contre ») et défense de la pureté du territoire (« nous, on ne vole pas les auteurs, monsieur »). Bref, c'est pas gagné.

(Ah, et faut que j'arrête de lire Télérama, je ne suis pas — plus ? — assez bobo parisien pour ça. En plus, le journal était carrément mieux quand il était encore tenu par des cathos.)

mercredi 3 septembre 2008

Facho de base

On va continuer longtemps à tolérer les sociopathes qui naviguent en permanence entre l'insulte et le mépris ? Ceux pour qui Wikipédia n'est qu'un vaste terrain de jeu pour leur égo ? Ceux qui n'hésitent pas à tout désorganiser, par petits bouts ? Ceux qui provoquent des volumes de discussion où tout le monde s'engueule à la fin ?

(C'est purement rhétorique : je sais bien qu'on va continuer à tolérer les sociopathes de ce genre. En plus, dans ces cas là, on les laisse vivre et on tombe sur le premier mec normal qui est légèrement exaspéré. Faites moi marrer et prétendez le contraire, pour voir.)

Donc, qu'est-ce qu'on attend pour non seulement bloquer les types qui foutent la merde, mais également tous ceux qui les soutiennent ? En bloc. Et pas après trois cent mille tergiversations sur les pages communautaires.

mardi 2 septembre 2008

Esprit de ruche, sagesse collective et vice-présidents

Intéressant article du Washington Post sur un phénomène amusant : dans la semaine précédent la nomination officielle des candidats à la vice-présidence des deux principaux partis américains, les articles anglais de Palin et de Biden ont été considérablement édités. Et les éditeurs en question ont été bien plus à même d'éditer également les articles de McCain et d'Obama que les autres.

Que ces articles furent fortement édités après l'investiture, soit. Mais qu'ils le furent avant, c'est autre chose. Surtout que les articles des autres vices-présidents potentiels le furent nettement moins. Il se trouve que les éditions furent intéressantes (sources, précisions, etc.), ce qui limite leur provenance d'un service de RP. Autrement dit, collectivement, les éditeurs ont édité les bons articles.

Y'a du boulot à creuser pour les chasseurs de hype : analyser les éditions sur Wikipédia.

(Via WpB, lui même via TfD.)

lundi 1 septembre 2008

Crédo

J'ai souvent l'impression qu'on a une image de moi assez déformée, sur Wikipédia. D'après ce que j'ai compris, je ne suis qu'un affreux inclusionniste qui encourage tout le monde à écrire sur n'importe quel sujet, on s'en fout de si c'est justifié et on n'a pas besoin de s'expliquer, tout est encyclopédique. Bon, c'est pas bien grave en général (sauf que personne ne semble me prendre au sérieux), mais j'ai lu récemment sur un blog de très bonne tenue que je suis un complice des vandales et que mes idées sont une incitation à la débauche (je caricature si je veux). Je pense donc qu'il est temps que je clarifie un peu ma position idéologique. Tout le monde s'en fout complètement, mais ça me fera au moins un post.

Mes critères d'inclusion sont extrêmement larges, c'est vrai. Je pense que Wikipédia a tout à gagner à accueillir tout ce qui bouge. Ou, plus exactement, qu'elle n'a rien à y perdre, qu'un article d'une ligne sur un sujet pas connu est toujours mieux que pas d'article du tout et qu'on n'a de toute façon pas de raison à décider de ce qui intéresse les lecteurs à leur place (d'ailleurs, on ignore ce qui les intéresse, alors c'est vite plié). Avoir des millions d'articles n'est pas un problème, c'est une force. Même un article qui ne contient que des données brutes ne me semble pas inutile.

Bon, j'espère qu'avec ça, j'ai déjà tué la majorité des trois lecteurs de ce blog (et que le dernier a l'impression que je me fous du monde). Ah ben, j'avais dit que je voulais clarifier ma position, hein, je tiens mes promesses.

Évidemment, tout cet inclusionnisme enragé s'accompagne de grosses conditions : vérifiabilité, pertinence, rien d'inédit. Plus que dans les débats sans fin sur les critères d'admissibilité, c'est là-dessus qu'on doit mettre l'accent, à mon avis. Ça veut dire par exemple qu'on ne fait pas d'article sur le groupe de rock du garage parce que personne n'en a jamais parlé ailleurs, que les travaux généalogiques n'ont rien à faire ici, qu'on n'analyse pas tout seul les données brutes suscitées (même pour dire des trucs aussi basiques que ça augmente ou que ça diminue), et tout ça tout ça. En gros, mon idée, c'est qu'il vaut mieux se baser sur les principes de base, c'est plus efficace parce qu'on ne sait pas à priori ce qui peut être créé. Par contre, il faut être très strict avec ces principes.

Voilà, vous pouvez désormais dire autour de vous que je ne suis qu'un doux rêveur, que mes idées sont inapplicables, que je ne sais même pas faire la différence entre une source primaire et une source secondaire et que j'approuve moralement le vandalisme.

jeudi 14 août 2008

Interrogation bassement inclusionniste

Si un article ne gêne personne, quelle raison y a-t-il de le supprimer ?


Non, sérieusement ?

mercredi 13 août 2008

Se tromper de but en pensant être sur le bon chemin

Parfois, je me dis qu'il faudrait vraiment que je remplisse ce blog, que j'ai une audience, pas grand chose mais quand même pas rien. Parfois, je le remplis réellement ; c'est plus rare, mais ça m'arrive.

Bref, il y a quelques jours, m'zelle Serein a publié un post sur son blog à propos du traitement de l'Histoire sur Wikipédia, et de son évolution récente. Comme d'habitude, c'est bien pensé, bien écrit et intelligent (Serein, je te jette des fleurs si je veux). Je ne vais pas paraphraser ce qu'elle a dit, mais ça m'a inspiré quelques pensées.

En tout premier lieu, elle a parfaitement raison de dire que « l'amélioration des articles d'histoire contribue à la crédibilisation de Wikipédia ». En fait, je pense que, dans l'imaginaire collectif, l'Histoire est le sujet central d'une encyclopédie (l'Histoire au sens très large, cependant, et pas forcément de la façon dont un authentique historien la comprend). Tiens, d'ailleurs, plusieurs fois, alors que j'évoquais un sujet possible d'article, j'ai déjà lu des commentaires du genre : « on peut faire un article là-dessus, mais à condition qu'il y ait des trucs à dire dessus, comme son histoire » ; c'est revenu régulièrement, assez pour me faire dire que l'Histoire, c'est un peu perçu comme la moelle épinière de Wikipédia. Bon, maintenant, c'est vrai ou pas, mais c'est un autre problème.

N'étant pas historien, j'ai souvent du mal à savoir si un article historique est potable ou pas. En revanche, il y a quand même des sujets dont le traitement m'agace prodigieusement. Dans mon cas, il s'agit des articles de physique (et si c'est de la physique quantique, je désespère — si quelqu'un est capable de piger ou veut en venir l'article sur le spin, il recevra toute ma considération). Y'a cette manie de faire apparaitre des équations en Latex dès que possible (ok, les maths apparaissent très très vite en physique, mais ça me semble être un autre problème ; comme repoussoir, les équations, y'a pas mieux). Y'a surtout cette volonté de traiter des aspects « magiques » de la physique : raconter directos l'historique du sujet, mettre l'accent sur des conséquences pseudo-philosophiques plus ou moins fantasmées, bref évacuer le plus possible toute physique réelle de l'article.

Bon, j'imagine que c'est pareil dans tous les domaines : sur un sujet quelconque, ceux qui ne s'y connaissent pas professionnellement vont mettre en avant des détails qui sembleront hors propos aux autres. C'est un thème récurrent des critiques de Wikipédia, après tout. Et puis il y a quand même des articles pas trop mal.

Si on me demande mon avis, un problème majeur de Wikipédia, c'est la littérature. Raconter les choses. Partir sur une approche romancée. Faire des phrases, même, à la limite. Masquer par du texte qu'on ne maitrise pas vraiment le sujet. Ou, pire, qu'on pense le maitriser, mais qu'on se plante complètement sur ce qu'il faut raconter. Je trouve que trop d'articles labélisés sont surtout de jolies rédactions, avec des titres de paragraphes bien chantournés mais une contextualisation et un enchaînement du contenu assez secondaires, voire douteux. Quand on me dit que les AdQ sont le but de beaucoup de contributeurs, parfois, ça m'angoisse.