mercredi 20 juin 2012

Législatives

Si vous habitez en France, vous avez peut-être entendu parler des récentes élections législatives qui viennent de se terminer. 577 sièges étaient à pourvoir et l'Assemblée a connu pas mal de mouvement.

Mouvement = nouveaux députés. Nouveaux députés = articles inexistants sur Wikipédia.

J'ai fait un tour sur tous les députés. Il se trouve que 82 d'entre eux ont vu leur article supprimé à un moment ou à un autre. 14% de l'Assemblée, quand même.

29 sont passés en pages à supprimer : 53 ont été supprimés suite à divers prétextes (suppression immédiate, hors critères, non encyclopédique en l'état, bac à sable, aucun intérêt, pour reprendre les explications données) : La palme revient probablement à Damien Abad, dont l'article a été supprimé pas moins de 10 fois : 4 fois hors critères, 3 fois pour PàS, 3 fois pour purge d'historique. Bravo.

La morale de cette histoire ? Il n'y en a pas.

mercredi 13 juin 2012

L'art contemporain n'existe pas



Sur ce blog, il y a un peu plus de 3 ans, j'évoquais en passant un économiste américain qui avait compté les apparitions d'œuvres d'art contemporaines dans les manuels d'histoire de l'art récents afin d'établir un classement des œuvres les plus influentes. Ce classement n'était pas accessible en ligne et c'était un peu dommage.

Je ne sais pas pourquoi ça m'est repassé par la tête récemment. Après une brève recherche, je suis tombé sur un type qui a fait la même chose avec quelques manuels, mais qui a eu la bonne idée d'en autoriser l'accès en ligne. Du coup, ça donne une liste de 100 œuvres plutôt pertinente, qui couvre un peu tout le 20e siècle (pour peu quand même qu'on se limite aux hommes blancs morts et qu'on ne cherche pas d'installation, de performance ou des trucs trop bizarres comme l'art sonore ; la méthode a forcément ses limites).

Comme on ne se refait pas, je suis allé voir ce qui existait dans Wikipédia à propos de ces œuvres. Vous vous en doutez : c'est la cata.

Visiblement, sur fr:, on ne semble pas considérer les œuvres d'art comme sujets à part entière. Les artistes, oui, certes ; leurs œuvres, non. Est-ce parce qu'on est un peu habitué à voir des artistes hanter les médias pour parler d'eux et pas de leur production ? Parce que l'œuvre nous semble annexe par rapport au nom de son créateur ? Ou simplement parce que l'art du siècle passé nous est tellement méconnu que nous ne pouvons citer aucun exemple, nous contentant de sortir des visages ? Toujours est-il que l'art contemporain est bien mal traité sur Wikipédia.

Du coup, je me suis mis en tête d'ébaucher chacune des 100 œuvres citées plus haut (je n'irai pas plus loin que l'ébauche, l'art n'étant pas ma spécialité). Tout est un peu à faire. Ici aussi, la peur du lien rouge sévit à fond : il me semble qu'aucun lien ne pointait vers les articles créés avant que je n'intervienne. Les listes d'œuvres d'un artiste, quand elles existent, sont incomplètes et insérées directement dans l'article principal sans aucune wikification (pour info, celles de De Chirico avant et après). La misère, je vous dis.

Et puis, quand on se penche un peu dessus, on sent que la question n'a jamais vraiment été abordée : les limites techniques sont nombreuses. L'infobox Art est sympathique, mais pas très vite limitée : que faire quand une sculpture est fondue à plusieurs exemplaires et qu'il est impossible de donner une seule localisation de l'œuvre, par exemple ? Et quand on aborde une série d'œuvres comme les Cathédrales de Rouen de Monet, doit-on créer un article pour chacune ? Quelle infobox utiliser ? Personne ne s'est visiblement interrogé sur le sujet. Ou alors je m'en fait trop, je ne sais pas.

D'un autre côté, c'est l'assurance d'avoir encore du boulot sur Wikipédia pendant quelques temps. C'est toujours ça de pris. Soyons optimiste.

PS : pendant que je créais de l'article, j'ai appris la mort de Georges Mathieu. Si vous être un français d'un certain âge, vous êtes déjà tombé sur l'une de ses œuvres, vu qu'il avait atteint un statut d'artiste quasi-officiel de la République française il y a une quarantaine d'années... Étonnant d'apprendre ça à ce moment là.

lundi 14 mai 2012

Créer du contenu sur Wikipédia

Plaque de cocher, Charenton-le-Pont, Seine
Tout a commencé par une simple plaque...

Ce blog parle essentiellement de Wikipédia parce que j'ai choisi de ne pas y raconter ma vie. Contrairement à ce que prétendent certaines personnes qui ont mis dans le mille qui ne cherchent qu'à médire de moi, j'ai une vie en dehors des projets Wikimedia. Par exemple, j'aime beaucoup me balader et le soleil renaissant m'y invite ces derniers jours. Et quand je me balade, il m'arrive de tomber sur des trucs sympas.

Hier, je longeais la rue de la Liberté à Charenton afin de rejoindre le bois de Vincennes quand à un carrefour, j'ai aperçu la plaque ci-dessus, accrochée au mur à bonne hauteur. Une plaque de fonte bleutée indiquant ma présence sur un chemin vicinal ordinaire, dans le département de la Seine. Bref, ça ne semble pas dater d'hier. Je la prends en photo, en balançant des regards sombres aux habituels passants soupçonneux qui n'ont jamais vu un appareil photo de leur vie. Je continue mon chemin. Et après un moment, je rentre chez moi.

Je développe la pellicule dans mon labo photo personnel, transférant directement le négatif dans l'ordinateur grâce à mon bac photographique à port USB. Et puis je sais pas, c'est dimanche, les oiseaux chantent encore alors je balance l'image sur Commons. Ça ne sera pas la photo du siècle, ni même une FP, mais ça me fait plaisir.

Et puis comme c'est dimanche et que les oiseaux chantent encore, je dégaine mon Google et je cherche voir un peu ce que c'est que cette plaque en fonte bleutée. Je trouve assez vite la réponse : c'est une plaque de cocher, un modèle indicateur installé en France vers la fin du 19e siècle, en hauteur pour que les cavaliers puissent les lire. Visiblement, il s'agit d'un des premiers exemples de signalétique de distance jamais mis en place à l'échelle d'un pays. La France en a compté plusieurs milliers à l'aube de la Première Guerre mondiale. Michelin les a bien sûr rendu totalement obsolètes, mais on continue à en trouver un peu partout.

Fichtre, me dis-je à moi-même tout seul. Et Wikipédia n'en parle même pas ? C'est quoi cette histoire ? Constatant que la question est évacuée d'un bref paragraphe dans l'article « Cocher (hippomobile) », je ponds rapidement une ébauche sur le sujet. Puis je crée la catégorie équivalente sur Commons et y rapatrie rapidos une vingtaine de photos. Du travail bien fait.

Une excellente façon de conclure le week-end, quoi.

dimanche 29 avril 2012

Licence ouverte

Les trucs que tu fais, quand t'as les données qu'il faut...
Une fois qu'on a les données qu'il faut, on fait un peu n'importe quoi avec.

Le problème avec la liberté c'est que les gens l'utilisent alors qu'on pensait juste leur refiler les restes.
En France, on a des régions, des départements, des arrondissements, des cantons et des communes. Beaucoup de communes. Genre, des tonnes. Plus de 36 000, même. Du coup, le pays possède un maillage assez fin de son territoire au niveau communal.

Jusqu'à pas très longtemps, sur Commons, le département était ce qu'on avait de mieux comme découpage pour les cartes. Impossible de descendre plus bas : j'ai longtemps cherché un moyen de produire des cartes communales avant de me résigner. Trop de boulot à faire à la main et les données existantes ne pouvaient pas être utilisées pour les projets Wikimedia. Oh, bien entendu, l'IGN avait ces données, mais il ne les filait pas comme ça (j'imagine qu'il n'en avait de toute façon pas le droit).

Et puis la vague de l'open data est arrivée dans le pays. La semaine dernière, à l'approche des élections présidentielles, je me suis souvenu que ça serait vachement cool d'avoir des cartes permettant d'afficher les résultats par commune. Alors, j'ai tripoté un peu mon Google sans trop rien en attendre, arrivant comme prévu sur la page « GEOFLA » de l'IGN. Sauf que là, je vois que le texte a changé. Désormais, un gros logo « Licence ouverte » est affiché, avec la mention suivante : « La réutilisation de GEOFLA® est gratuite pour tous les usages, y compris commerciaux, selon les termes de la "licence ouverte" version 1.0. ».

Woah.

Je te télécharge tout ça, tente de comprendre le format shapefile, finis par télécharger le logiciel Shp 2 KML, convertis les données dans un format KML que je peux comprendre, trafique le tout à grands coups de regex dans ta face. Quelques boucles Perl plus loin, j'ai généré une centaine de fichiers SVG, décrivant chacun la division d'un département en communes. J'uploade le tout sur Commons et tout le monde est content.

Une fois l'élection passée, il me suffit d'avoir les résultats par commune, de les combiner avec une carte de France et hop ! voilà l'image tout en haut de ce billet. L'open data, quand on a les données, c'est tout simple.

lundi 16 avril 2012

Cheminées, moulins et toutes ces sortes de choses

Le moulin de Birlot, à Bréhat. Il est mignon, non ?
Sur Internet, on trouve des passionnés pour tous les sujets. Il n'y a pas longtemps, je suis tombé sur la Commission française pour la protection du patrimoine historique et rural (contrairement à ce que son titre laisse entendre, c'est juste une assoce, hein). On y trouve des listes de petit patrimoine : des décrottoirs, des bornes, des lanternes des morts... En tombant sur les cheminées géodésiques, je me suis dit que ça serait un bon sujet d'articles pour Wikipédia. Du coup, je l'ai créé. Et puis Herr Satz est venu rajouter la liste de ces cheminées en France (comme ce sont des repères géodésiques, on pourrait géolocaliser au centimètre près : ça doit être la liste la plus précise de Wikipédia). Et puis Jack ma est passé clarifier l'utilisation de ces bidules. Un bon travail d'équipe, sans que personne ne se concerte ni ne planifie rien. Le pur wikidream, quoi.

Hier, je me suis mis en tête de pondre la liste des moulins à marée de France. Comme je sais qu'il en existe un bon paquet sur la côte atlantique, j'en avais un peu marre qu'on cite toujours les mêmes deux-trois exemples... En fouillant un peu, j'en ai listé 71, tous bien géolocalisés. Reste plus qu'à prendre des photos.

La morale de cette histoire, c'est qu'on trouve bien une foultitude de sites de passionnés, mais qu'ils sont vraiment tous mal foutus : navigation difficile, infos éparpillées et j'en passe. Le pire, c'est généralement l'absence complète de localisation précise (va-t-en retrouver un p'tit monument quand on te file juste le nom de la commune...)

Sur Wikipédia, les listes (triables) ont été créées en quelques minutes, les coordonnées précises rajoutées au fil de l'eau, les images récupérées sur Commons. La présentation est claire, les infos sont accessibles. Il faudrait réussir à convaincre tous ces sites éparpillés que Wikipédia et Commons pourraient grandement leur simplifier le boulot, tout en multipliant leur visibilité...

Bon, la prochaine fois, j'essaye de faire un truc avec les moulins à vent ou les pompes Dragor. Don Quichotte et les Shadoks, c'est approprié, non ?

mercredi 4 avril 2012

Provins

Il y a une dizaine de jours, une demi-douzaine de Wikipédiens se sont retrouvés à Provins. Le but : prendre des photos. D'un peu tout. Oh, l'idée de base, c'était de prendre les monuments historiques du coin, alors on avait sorti une carte et tout. Mais ça, c'est un peu le prétexte à la balade.

Globalement, c'était sympa. Il a fait un temps magnifique, la ville est plutôt chouette et la catégorie dédiée compte déjà plus de 400 photos.

Par contre, la prochaine fois, il faudra peut-être s'organiser un peu mieux. Parce que sinon, on se retrouve avec ce genre d'uploads :

samedi 25 février 2012

Citoyenneté numérique (la vraie)

J'avoue, sur Wikipédia, on associe souvent mon nom à des tas de trucs géographiques un peu bizarres comme les frontières, les tripoints ou les points extrêmes. Et aux listes, aussi. Je ne vais pas nier, ça serait inutile. On a tous sa marotte, après tout.

Un beau jour de juin 2005, j'ai créé la liste des départements français classés par altitude. Je ne sais plus trop quel était l'argument derrière, mais je crois me souvenir d'une période très ennuyeuse au boulot, juste avant les départs en vacances. J'avais probablement été inspiré par la list of U.S. states by elevation d'en:. Et puis il existe des sites spécialisés dans ce genre de trucs, comme Peakbagger.

Il y a deux jours, El Caro lance sur Twitter : « cette carte me fait penser à Poulpy. » Cette carte, c'était la « Carte comparative des principales altitudes de la France par département », par Hippolyte Malègue (1897), disponible sur Gallica. Un bonheur kitsch pur jus 3e République, le genre de truc qu'on exposait dans les salles de classes afin d'édifier les foules et de souder la Nation en vue de foutre la pâté aux Boches. L'équivalent des infographies qu'on voit passer un peu partout, mais dessiné à la main avec amour. Ce document présente une sorte de coupe schématique de chaque département métropolitain de l'époque, avec les points culminants, les altitudes des grandes villes et le niveau le plus bas. C'est mignon et plutôt bien foutu. Et donc, oui, ça fait penser à moi (et si monsieur Malègue, en 1897, a jugé bon de sortir cette carte, vous serez bien gentils à l'avenir d'arrêter de faire les malins en prétendant que j'ai des idées débiles qui n'intéressent personne).

Bon. Le Malègue, il est mort en 1901. La carte, ça fait donc un paquet d'années qu'elle est dans le domaine public. Là, je me dis : ça serait cool de mettre ça sur Commons, quoi. Et puis alors je constate que je ne sais pas trop comment transférer un docu de Gallica sur Commons, mais Pyb me dit : « viens ce soir, on va picoler avec d'autres Wikipédiens, je t'expliquerai. » Mais ce soir là, faut avouer qu'on a surtout picolé et pas trop parlé du transfert. On a mangé des pizzas, aussi. C'était bon mais un peu trop copieux. Et puis je suis tombé sur un truc bizarre rue Saint-Maur en rentrant alors j'ai édité plus tard l'article sur la rue Saint-Maur, qui était vraiment en déshérance.

Le lendemain, Pyb m'a filé l'url du script pour le transfert. C'était en Python, alors j'ai installé Python sur ma machine. Et puis j'ai installé une extension pour avoir une interface graphique. Et puis j'ai installé une extension pour télécharger des extensions. Et puis j'ai téléchargé ensuite cinq ou six packages pour résoudre les dépendances. Et puis au 100e message d'erreur, j'en ai eu marre d'avoir encore à faire de la divination dans les fichiers de configs alors que les années 2010 sont déjà avancées (surtout que ça me rappelle le boulot ; sauf qu'au boulot, je suis payé pour, alors je fais avec). Donc j'ai dit : « ¡Ya basta! Je vais le faire moi-même tout seul ». Alors je l'ai fait moi-même tout seul.

Non, parce que Gallica, y sont bien gentils, mais ils refusent obstinément de fournir leurs documents scannés autrement qu'en format timbre poste. Oh, bien sûr, il existe toute une machinerie compliquée pour zoomer sur le document, à base de Flash et d'ergonomie pourrie, mais il semble que Monsieur Gallica n'ait pas véritablement pigé le concept du domaine public (ou de la bibliothèque, ou de l'accès à la culture, ou du service public, ou de tout un tas de choses qu'on va vous bassiner les oreilles en France avec jusque debut mai sans jamais y croire un instant, parce qu'un citoyen n'est jamais qu'un blaireau muni du droit de vote). Donc au lieu de télécharger le document chez moi et d'en faire ce que je veux (puisque j'ai le droit inaliénable d'en faire ce que je veux, y compris de l'imprimer en A3, de le rouler et de me le fourrer dans le cul), je suis contraint de passer par une interface à la con même pas pratique. Si je veux avoir accès à la version grand format de ce document (dans le domaine public, est-ce que je l'ai déjà précisé ?), la Bibliothèque nationale de France (un service public à vocation culturelle, est-ce que je l'ai déjà précisé ?) m'insulte carrément en me fournissant un formulaire à remplir pour que, moyennant finances, je puisse mettre la main dessus. Au bout d'un certain temps. On verra. Si on veut bien.

Là, j'avoue, j'ai pris ça comme un défi.

Tout d'abord, j'ai lancé le live de Byetone à la Gaîté Lyrique, car ce genre de choses doit s'effectuer en musique (c'était la soirée annniversaire de Raster-Noton, l'un des labels musicaux les plus importants des 15 dernières années). Puis, ayant constaté que lorsque le zoom maximal était enclenché, les images formaient une mosaïque avec un codage séquentiel du type « btv1b8441601z.f1&l=6&r=X*256,Y*256,256,256 », j'ai lancé mon Perl et codé une moulinette de quelques lignes. 10 minutes plus tard, je me retrouvais avec 1 376 morceaux de cartes qu'il suffisait de réassembler. Facile.

Le réassemblage. J'ai bien cherché, mais je n'ai pas trouvé de logiciel qui faisait ça. Oh, je ne doute pas que ça existe, bien sûr, mais comme j'étais un peu énervé (surtout après avoir headbangué tout seul devant mon écran tandis que les fichiers se téléchargaient), je suis allé me faire une tisane aux fruits rouges. J'ai tout une boîte de sachets de tisane aux fruits rouges que ma colocataire a ramené un jour de je-ne-sais-où et que j'espère finir avant 2015 (si vous voulez la tester, venez chez moi, on parlera et je vous montrerai ma collection de Rubik's Cubes). Forcément, j'en ai eu marre de chercher et je me suis décidé à le faire également moi-même. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? J'ai donc tout converti en fichiers TGA non compressés, histoire de ne pas m'emmerder avec des encodages superfétatoires et j'ai pondu une deuxième moulinette en C pour générer un fichier complet. Et j'ai chargé le résultat final sur Commons, avec les modèles qui allaient bien. Et j'ai utilisé l'image sur Wikipédia pour finir. Victoire était mienne.

Cette histoire a une double morale. La première, c'est que les services publics ne le sont pas une seule seconde, même (surtout ?) quand ils prétendent être au service du peuple. Gallica, sache que ce soir là, j'ai vu en toi un ennemi qui me refusait l'accès à ce qui n'est rien d'autre que mon propre bien. Je t'aime bien et tout, tu possèdes tout un tas de documents super utiles, mais tu ne réponds pas aux exigences les plus élémentaires du service public : être au service du public. Et ne va pas prétendre le contraire, mon expérience d'hier soir est assez explicite sur ce point.

La deuxième morale : j'ai effectué toutes ces manipulations parce qu'elles sont aussi naturelles pour moi que d'aller faire des courses à la superette du coin. Elles forment la base de mon boulot, à tel point que personne ne se demande si je les possède. Savoir pondre une moulinette, c'est aussi évident que de taper au clavier. Et là, je pense à pas mal de trucs qui sont revenus ces derniers temps : oui, la citoyenneté contemporaine, ça passe par la maitrise des outils informatiques. Ce que j'ai fait, c'est du pur hacking. J'ai utilisé mes connaissances dans un sens imprévu afin de reconquérir ce qui m'était justement dû. Sérieusement, vous trouvez ça normal ?

Les enfants, faites comme moi : prenez des ordinateurs quand vous êtes jeunes, faites n'importe quoi avec et amusez-vous. Même si vous ne terminez pas dans un boulot informatique pur et dur, vous saurez quoi faire si the Man tente de vous opprimer. C'est comme le bricolage : vous savez planter un clou, trouer un mur à la perceuse, changer une vitre ? Vous devriez également savoir créer une moulinette pour récupérer des images. Votre futur est à ce prix, et je ne pense même pas exagérer en écrivant ça.