vendredi 21 janvier 2011
lundi 17 janvier 2011
Élémentaire
C'est une info que j'ai vue hier, comme quoi la famille Ben Ali, conforme à ses prétentions de n'agir que pour le bien du peuple, s'est tirée avec1,5 tonnes d'or, histoire de bien appliquer la tactique de la terre brûlée. Comme le dit l'article du Monde : « "1,5 tonne d'or, cela fait 45 millions d'euros", traduit une source. » (le Monde possède une conception particulière du devoir de citer ses sources). Curieusement, j'ai été pris de l'envie de vérifier cette info. Pas que je ne crois pas le Monde sur parole, bien sûr, hein.
Je me suis tourné vers Wolfram Alpha. La simple requête « 1.5 t of gold » m'a confirmé que l'ordre de grandeur du prix semblait correct (ça me donne 49,3 millions de $). Il semble qu'une telle masse d'or pur donne un cube de 43 cm de côté, donc c'est facilement camouflable. Puis, histoire de, j'ai regardé si par hasard je ne pouvais pas trouver le prix des éléments ; c'est possible. Le prix du manganèse me semble toutefois bizarre : 2,40$ la tonne, c'est louche.
Sur Wikipédia, on peut trouver le prix des éléments et de leurs composés (en anglais). C'est très mal foutu, mais c'est une idée. Le problème, c'est que c'est le genre de liste pas bien définie et qui compare un peu n'importe quoi avec des chiffres sans lien entre eux. Y'a pourtant du potentiel : par exemple, je ne crois pas qu'il existe un site au monde qui explique clairement à la fois le prix de vente des éléments chimiques, leur production et leurs applications industrielles. Encore du boulot pas défriché pour l'encyclopédie en ligne ?
Je me suis tourné vers Wolfram Alpha. La simple requête « 1.5 t of gold » m'a confirmé que l'ordre de grandeur du prix semblait correct (ça me donne 49,3 millions de $). Il semble qu'une telle masse d'or pur donne un cube de 43 cm de côté, donc c'est facilement camouflable. Puis, histoire de, j'ai regardé si par hasard je ne pouvais pas trouver le prix des éléments ; c'est possible. Le prix du manganèse me semble toutefois bizarre : 2,40$ la tonne, c'est louche.
Sur Wikipédia, on peut trouver le prix des éléments et de leurs composés (en anglais). C'est très mal foutu, mais c'est une idée. Le problème, c'est que c'est le genre de liste pas bien définie et qui compare un peu n'importe quoi avec des chiffres sans lien entre eux. Y'a pourtant du potentiel : par exemple, je ne crois pas qu'il existe un site au monde qui explique clairement à la fois le prix de vente des éléments chimiques, leur production et leurs applications industrielles. Encore du boulot pas défriché pour l'encyclopédie en ligne ?
mardi 11 janvier 2011
Le tableur, cet ami inconnu
- Poulpi-kun, Poulpi-kun ! Je me demandais : as-tu des moyens pour se simplifier la vie quand on a plein d'articles à créer ?
- Je comprends, chère Churuya. Moi aussi je me pose des tonnes de questions. Par exemple, pourquoi Hardfloor a-t-il sorti autant de version d'Acperience ? Que va devenir Hirasawa maintenant que Kon est mort ? Comment trouver du boulgour pas bio à Paris ? Comment faire un aller-retour vers Guernesey à moins de 100 € ? La vie est pleine de questions.
- Nyoriro~n !
Sur Wikipédia, quand on désire éditer tout plein d'articles, autant passer par du Python ou du Perl, mais ceci dépasse le cadre de ce blog (en plus, vous devenez un bot et c'est mal). Pour les cas plus simples, il existe un outil adapté : le tableur. La chose répond bien à la demande et est en plus très visuelle. Personnellement, j'utilise Excel, mais si vos convictions religieuses vous l'imposent, vous pouvez parfaitement choisir du Libre™, c'est tout pareil.
Tenez, il y a plusieurs jours, je me suis retrouvé à pondre des verbes en grec sur le Wiktionnaire. Si vous regardez ψεύδω, vous constaterez que la structure d'un tel article n'est pas bien compliquée et se transpose à 95% d'un verbe à l'autre. Au début, on se dit qu'il suffit de faire un copier/coller et puis on constate qu'on oublie toujours de modifier un truc. J'ai donc dégainé mon Excel ; quelques minutes plus tard, j'avais un petit fichier qui me permettait, en remplissant la cellule en haut à gauche avec le verbe en grec, d'obtenir le texte à copier dans la case d'édition du Wiktionnaire. À charge ensuite de placer la définition à la main, mais le squelette était déjà là.
Voici l'idée : si la cellule A1 contient « ψεύδω » et que je cherche à avoir le texte « {{polytonique|'''ψεύδω'''|pseúdô}} », il suffit que je génère dans A2 le texte « pseúdô » (translittération du verbe) et ensuite, la commande « ="{{polytonique|'''"&A1&"'''|"&A2&"}}" » me donnera le texte à copier, tout bien comme il faut. Pour avoir la translittération, il faut que je décompose chacune des lettres de ψεύδω, ce que je fais dans les cellules B1, C1, D1, etc. avec la commande « STXT ». Ensuite, en-dessous de chacun, dans les cellules B2, C2, D2, etc., j'utilise la commande « RECHERCHEV » pour retrouver le caractère translittéré dans une table de correspondance. Pour avoir cette table, je copie les tables « grec et copte » et « grec étendu » dans un éditeur de texte, je place un caractère par ligne et j'enlève les trucs inutiles (vive les regexp), je copie tout ça sur Excel, je trie par ordre alphabétique, je rajoute la transcription à côté et c'est bon. Après, j'utilise la même méthode pour avoir la clé de tri et un encodage d'url pour un dico en ligne. Au final, je n'ai plus qu'à copier le verbe dans la cellule A1 et j'obtiens un squelette d'article tout bien rempli sans erreur en dessous.
Facile.
Bon, ok, j'avoue, j'ai un peu de pratique. Mais c'est un coup à prendre.
Alors, évidemment, il est possible de s'y prendre autrement. Mais ce que j'aime bien, avec Excel, c'est que c'est visuel, qu'on n'a pas besoin de coder grand chose et qu'on peut modifier le contenu à la volée. C'est bon à savoir, non ?
- Je comprends, chère Churuya. Moi aussi je me pose des tonnes de questions. Par exemple, pourquoi Hardfloor a-t-il sorti autant de version d'Acperience ? Que va devenir Hirasawa maintenant que Kon est mort ? Comment trouver du boulgour pas bio à Paris ? Comment faire un aller-retour vers Guernesey à moins de 100 € ? La vie est pleine de questions.
- Nyoriro~n !
Sur Wikipédia, quand on désire éditer tout plein d'articles, autant passer par du Python ou du Perl, mais ceci dépasse le cadre de ce blog (en plus, vous devenez un bot et c'est mal). Pour les cas plus simples, il existe un outil adapté : le tableur. La chose répond bien à la demande et est en plus très visuelle. Personnellement, j'utilise Excel, mais si vos convictions religieuses vous l'imposent, vous pouvez parfaitement choisir du Libre™, c'est tout pareil.
Tenez, il y a plusieurs jours, je me suis retrouvé à pondre des verbes en grec sur le Wiktionnaire. Si vous regardez ψεύδω, vous constaterez que la structure d'un tel article n'est pas bien compliquée et se transpose à 95% d'un verbe à l'autre. Au début, on se dit qu'il suffit de faire un copier/coller et puis on constate qu'on oublie toujours de modifier un truc. J'ai donc dégainé mon Excel ; quelques minutes plus tard, j'avais un petit fichier qui me permettait, en remplissant la cellule en haut à gauche avec le verbe en grec, d'obtenir le texte à copier dans la case d'édition du Wiktionnaire. À charge ensuite de placer la définition à la main, mais le squelette était déjà là.
Voici l'idée : si la cellule A1 contient « ψεύδω » et que je cherche à avoir le texte « {{polytonique|'''ψεύδω'''|pseúdô}} », il suffit que je génère dans A2 le texte « pseúdô » (translittération du verbe) et ensuite, la commande « ="{{polytonique|'''"&A1&"'''|"&A2&"}}" » me donnera le texte à copier, tout bien comme il faut. Pour avoir la translittération, il faut que je décompose chacune des lettres de ψεύδω, ce que je fais dans les cellules B1, C1, D1, etc. avec la commande « STXT ». Ensuite, en-dessous de chacun, dans les cellules B2, C2, D2, etc., j'utilise la commande « RECHERCHEV » pour retrouver le caractère translittéré dans une table de correspondance. Pour avoir cette table, je copie les tables « grec et copte » et « grec étendu » dans un éditeur de texte, je place un caractère par ligne et j'enlève les trucs inutiles (vive les regexp), je copie tout ça sur Excel, je trie par ordre alphabétique, je rajoute la transcription à côté et c'est bon. Après, j'utilise la même méthode pour avoir la clé de tri et un encodage d'url pour un dico en ligne. Au final, je n'ai plus qu'à copier le verbe dans la cellule A1 et j'obtiens un squelette d'article tout bien rempli sans erreur en dessous.
Facile.
Bon, ok, j'avoue, j'ai un peu de pratique. Mais c'est un coup à prendre.
Alors, évidemment, il est possible de s'y prendre autrement. Mais ce que j'aime bien, avec Excel, c'est que c'est visuel, qu'on n'a pas besoin de coder grand chose et qu'on peut modifier le contenu à la volée. C'est bon à savoir, non ?
mardi 4 janvier 2011
vendredi 17 décembre 2010
λύω, λύσω, ἔλυσα, λέλυκα, λέλυμαι, ἐλύθην
J'aime énormément le Wiktionnaire. J'ai tendance à penser qu'il s'agit du projet wikipédien avec le plus de potentiel. Enfin, quand on maîtrise la syntaxe, bien sûr. Grâce à lui, j'ai écrit sur de l'indo-européen, du sumérien et j'en passe.
Une idée géniale du projet, c'est qu'il est possible de créer des articles individuels pour chacun des formes d'un mot (pluriels, féminins, conjugaisons, etc.). Il n'y a pas longtemps, je me suis dit que si j'avais eu ça pendant que j'apprenais le grec ancien, j'aurais apprécié. (oui, j'ai étudié le grec ancien dans ma prime jeunesse. J'ai même pris l'option au bac — avec l'option informatique, une combinaison inédite dans mon académie cette année là — et l'examinateur était tellement content de voir des matheux apprendre la langue qu'il nous a laissé choisir notre texte, et bref. Enfin, j'ai bien aimé, moi.)
C'est que les conjugaisons en grec ancien, ça peut être retors. Déjà, y'a des modes bizarres comme l'optatif, des temps étranges comme l'aoriste, des voix inhabituelles comme la voix moyenne, deux personnes au duel, etc. En gros, il faut considérer le radical du verbe, placer derrière un signe pour le temps, placer devant un dédoublement si c'est au passé, placer encore devant un augment si c'est un temps secondaire et flanquer une désinence pour la personne tout au bout. Et faut tenir compte des éventuelles modifications phonétiques, de radicaux qui peuvent changer en cours de route, et toutes ces sortes de choses.
Tenez, prenez par exemple le verbe λύω, « délier » (l'exemple de base puisque son radical λύ est totalement régulier et ne forme pas de modifications phonétiques zarbies). Son plus-que-parfait de l'indicatif médio-passif à la 1re personne du pluriel devient ἐλελύμεθα. Facile. Si ça vous amuse, vous pouvez jeter un coup d'œil sur le chouette tableau de conjugaison du verbe. Et dites-vous bien que c'est un verbe simple.
Maintenant, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais un simple verbe contient facilement 300 formes différentes. Donc 300 articles potentiels sur le Wiktionnaire. Si avec ça on n'explose pas les anglais, c'est à se flinguer. :)
Bon, spas tout ça, mais va falloir déjà que je les ponde, les conjugaisons. Déjà, je suis sûr que l'aoriste indicatif passif de βάλλω (« lancer ») n'est pas ἐβάλην comme indiqué ici, mais ἐβλήθην. Y'a du boulot.
Une idée géniale du projet, c'est qu'il est possible de créer des articles individuels pour chacun des formes d'un mot (pluriels, féminins, conjugaisons, etc.). Il n'y a pas longtemps, je me suis dit que si j'avais eu ça pendant que j'apprenais le grec ancien, j'aurais apprécié. (oui, j'ai étudié le grec ancien dans ma prime jeunesse. J'ai même pris l'option au bac — avec l'option informatique, une combinaison inédite dans mon académie cette année là — et l'examinateur était tellement content de voir des matheux apprendre la langue qu'il nous a laissé choisir notre texte, et bref. Enfin, j'ai bien aimé, moi.)
C'est que les conjugaisons en grec ancien, ça peut être retors. Déjà, y'a des modes bizarres comme l'optatif, des temps étranges comme l'aoriste, des voix inhabituelles comme la voix moyenne, deux personnes au duel, etc. En gros, il faut considérer le radical du verbe, placer derrière un signe pour le temps, placer devant un dédoublement si c'est au passé, placer encore devant un augment si c'est un temps secondaire et flanquer une désinence pour la personne tout au bout. Et faut tenir compte des éventuelles modifications phonétiques, de radicaux qui peuvent changer en cours de route, et toutes ces sortes de choses.
Tenez, prenez par exemple le verbe λύω, « délier » (l'exemple de base puisque son radical λύ est totalement régulier et ne forme pas de modifications phonétiques zarbies). Son plus-que-parfait de l'indicatif médio-passif à la 1re personne du pluriel devient ἐλελύμεθα. Facile. Si ça vous amuse, vous pouvez jeter un coup d'œil sur le chouette tableau de conjugaison du verbe. Et dites-vous bien que c'est un verbe simple.
Maintenant, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais un simple verbe contient facilement 300 formes différentes. Donc 300 articles potentiels sur le Wiktionnaire. Si avec ça on n'explose pas les anglais, c'est à se flinguer. :)
Bon, spas tout ça, mais va falloir déjà que je les ponde, les conjugaisons. Déjà, je suis sûr que l'aoriste indicatif passif de βάλλω (« lancer ») n'est pas ἐβάλην comme indiqué ici, mais ἐβλήθην. Y'a du boulot.
jeudi 9 décembre 2010
Visibilité
Je suppose que tout le monde est au courant du foin fait autour de WikiLeaks récemment. Globalement, si j'ai bien pigé, l'idée générale, ça semble être qu'on savait déjà tout ça et que c'était donc bien la preuve qu'il ne fallait rien publier. En laissant de côté l'illogisme de cette opinion, on peut bien se dire que si Assange s'était borné à faire un boulot standard de journaliste (publier n'importe quoi sans penser à la santé ou à la vie de quiconque, mais le faire sur du papier, en gros), on aurait plutôt applaudi. J'imagine que le problème, c'est l'échelle du bidule : des centaines de milliers de documents accessible facilement.
C'est marrant, mais on m'a fait penser ce matin à des affaires qui sont arrivées à Wikipédia. Des affaires un tantinet similaires (légales, celles-là ; quoiqu'à l'heure actuelle, rien n'ait encore été prononcé sur la légalité des fuites de WikiLeaks).
En mars 2009, le Monde constate la publication de l'organigramme de la DCRI sur l'article correspondant de WP. Le Bistro remarque rapidement que, si cet organigramme est couvert par le secret-défense, toutes les infos sont accessibles simplement en regardant le Journal officiel. Donc parfaitement libres. Wikipédia se contente juste d'en accroitre la visibilité.
En juillet 2009, on apprend que Wikipédia reproduit les 10 plaques originales du test de Rorschach avec les réponses standard. Bien sûr, les plaques sont dans le domaine public. Bien sûr, ces réponses sont données un peu partout. Là encore, Wikipédia en accroit la visibilité. D'où colère de certains psychiatres.
En août 2010, c'est la conclusion de La Souricière qui fait débat. La pièce de Christie repose sur l'idée qu'on ne doit pas dévoiler qui est l'assassin (à mon avis, le succès de la pièce tient surtout à ce sentiment qu'on doit avoir après sa représentation de faire partie d'une communauté restreinte, responsable et au courant). Forcément, WP dit précisément qui est l'assassin. Peu importe qu'il soit parfaitement possible, muni d'un simple Google, de le trouver sans même passer par l'encyclopédie : Wikipédia donne là encore trop de visibilité au sujet.
Je suppose qu'avant, on pouvait se permettre de laisser libre l'accès à toutes ces informations, puisqu'il était impossible de les publier (c'était possible mais trop coûteux, pas facile, pas assez lu, etc.). Bref, on avait le droit, sauf qu'en pratique on n'avait pas le droit. Maintenant, il est facile d'user de ce droit. Et, comme de juste, ça répond « mais avant c'était pas comme ça, on rompt avec la tradition. » Ouaip, tant que vous aviez des droits inutiles, ça allait... Attendez-vous, sous le fallacieux prétexte de la moralité, à ce qu'on vous les rabiote.
C'est marrant, mais on m'a fait penser ce matin à des affaires qui sont arrivées à Wikipédia. Des affaires un tantinet similaires (légales, celles-là ; quoiqu'à l'heure actuelle, rien n'ait encore été prononcé sur la légalité des fuites de WikiLeaks).
En mars 2009, le Monde constate la publication de l'organigramme de la DCRI sur l'article correspondant de WP. Le Bistro remarque rapidement que, si cet organigramme est couvert par le secret-défense, toutes les infos sont accessibles simplement en regardant le Journal officiel. Donc parfaitement libres. Wikipédia se contente juste d'en accroitre la visibilité.
En juillet 2009, on apprend que Wikipédia reproduit les 10 plaques originales du test de Rorschach avec les réponses standard. Bien sûr, les plaques sont dans le domaine public. Bien sûr, ces réponses sont données un peu partout. Là encore, Wikipédia en accroit la visibilité. D'où colère de certains psychiatres.
En août 2010, c'est la conclusion de La Souricière qui fait débat. La pièce de Christie repose sur l'idée qu'on ne doit pas dévoiler qui est l'assassin (à mon avis, le succès de la pièce tient surtout à ce sentiment qu'on doit avoir après sa représentation de faire partie d'une communauté restreinte, responsable et au courant). Forcément, WP dit précisément qui est l'assassin. Peu importe qu'il soit parfaitement possible, muni d'un simple Google, de le trouver sans même passer par l'encyclopédie : Wikipédia donne là encore trop de visibilité au sujet.
Je suppose qu'avant, on pouvait se permettre de laisser libre l'accès à toutes ces informations, puisqu'il était impossible de les publier (c'était possible mais trop coûteux, pas facile, pas assez lu, etc.). Bref, on avait le droit, sauf qu'en pratique on n'avait pas le droit. Maintenant, il est facile d'user de ce droit. Et, comme de juste, ça répond « mais avant c'était pas comme ça, on rompt avec la tradition. » Ouaip, tant que vous aviez des droits inutiles, ça allait... Attendez-vous, sous le fallacieux prétexte de la moralité, à ce qu'on vous les rabiote.
mardi 2 novembre 2010
Textualité
On prétend parfois que nous vivons dans une société de l'image, ce qui m'a toujours semblé douteux. J'ai plutôt l'impression d'une société du texte, lequel est parfois illustré par l'image. Les journaux télé, par exemple, me font l'effet de journaux radio avec des illustrations dessus : les capacités du médium semblent inutilisées, comme si on ne savait pas quoi faire de tout cet écran et qu'on se contentait de plaquer des trucs qui bougent sur les paroles prononcées. De même, je suis surpris quand on ne parle du cinéma que comme d'un théâtre filmé, où le jeu des acteurs et le scénario représentent tout, tandis que la mise en scène et le montage ne sont qu'un gadget (ou, pire, un effet, comme si une telle chose ne pouvait pas être sérieuse). Certes, ce que je raconte n'a rien de bien nouveau, j'en ai conscience.
Wikipédia est un site textuel. Il l'est à cause des contraintes techniques inhérentes au wiki. Il l'est également car l'image d’Épinal de l'encyclopédie suppose de la rédiger avec des mots. Il l'est encore, à mon avis, car Wikipédia est un rejeton des premiers temps du web, où les sites étaient décrits par le texte. Pour toutes ces raisons, le son, l'image, la vidéo, l'animation, la musique, les diagrammes, les graphes, les courbes, les schémas, les partitions, tous ne sont que des illustrations : un article n'est jamais bâti autour d'eux.
Pourtant, il est possible de faire passer un réel message encyclopédique en dehors du texte pur, comme l'exemple de la carte figurative de Minard le montre. Mais je suis coupable. De ce chef d'œuvre de représentation synthétique, j'ai pondu un infâme résumé textuel. On n'y échappe pas.
Wikipédia est un site textuel. Il l'est à cause des contraintes techniques inhérentes au wiki. Il l'est également car l'image d’Épinal de l'encyclopédie suppose de la rédiger avec des mots. Il l'est encore, à mon avis, car Wikipédia est un rejeton des premiers temps du web, où les sites étaient décrits par le texte. Pour toutes ces raisons, le son, l'image, la vidéo, l'animation, la musique, les diagrammes, les graphes, les courbes, les schémas, les partitions, tous ne sont que des illustrations : un article n'est jamais bâti autour d'eux.
Pourtant, il est possible de faire passer un réel message encyclopédique en dehors du texte pur, comme l'exemple de la carte figurative de Minard le montre. Mais je suis coupable. De ce chef d'œuvre de représentation synthétique, j'ai pondu un infâme résumé textuel. On n'y échappe pas.
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J'y connais rien mais j'en parle quand même,
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