jeudi 19 juillet 2012

Rapports de force

La Wikipedia en anglais a dépassé les 4 millions d'articles. Je ne sais pas vraiment si vous êtes au courant, vu qu'on en a finalement assez peu parlé. Ça a fait peu de vagues, un peu comme s'il était devenu évident d'avoir tout plein d'articles sur en:. Ou alors, peut-être que personne ne se rend bien compte de l'énormité de la chose (en fait, je pense que peu de monde s'en rend vraiment compte).

Sur fr:, on plafonne à près d'1,3 millions d'articles. Bien sûr, c'est beaucoup. Mais c'est moins. Du coup, on se pose souvent des questions absurdes, genre « que faudrait-il faire pour rattraper les anglophones ? » (bizarrement, la réponse évidente : « traduire tous les articles d'en: manquants » n'est jamais envisagée sérieusement).

Plus tôt aujourd'hui, je me suis posé la question : « et au fil du temps, il évolue comment, le rapport ? ». Je suis rentré chez moi, j'ai abouti sur une page de stats idoine et je vous ai pondu le rapport entre le nombre d'articles dans une langue et celui en anglais, entre 2003 et 2012, pour l'allemand, le français, le néerlandais, l'italien, le polonais, l'espagnol, le russe, le japonais, le portugais et le suédois.



Le site ne donne les données qu'arrondies à la centaine près (voire la centaine de millier près quand ça dépasse le million), ce qui provoque ces oscillations un peu gênantes. J'ai estimé que ce n'était pas trop grave.

Je ne sais pas pour vous, mais il me semble qu'une fois un projet bien lancé dans une langue, le rapport a tendance à se stabiliser. Visiblement, la Wikipédia en français comportera toujours un tiers des articles de la Wikipédia en anglais.

Note : suivant l'l'excellent nojhan, j'ai utilisé la palette de couleur Solarized d'Ethan Schoonover et la police Liberation Sans. Et certains disent que je n'utilise pas assez de trucs libres...

mercredi 20 juin 2012

Législatives

Si vous habitez en France, vous avez peut-être entendu parler des récentes élections législatives qui viennent de se terminer. 577 sièges étaient à pourvoir et l'Assemblée a connu pas mal de mouvement.

Mouvement = nouveaux députés. Nouveaux députés = articles inexistants sur Wikipédia.

J'ai fait un tour sur tous les députés. Il se trouve que 82 d'entre eux ont vu leur article supprimé à un moment ou à un autre. 14% de l'Assemblée, quand même.

29 sont passés en pages à supprimer : 53 ont été supprimés suite à divers prétextes (suppression immédiate, hors critères, non encyclopédique en l'état, bac à sable, aucun intérêt, pour reprendre les explications données) : La palme revient probablement à Damien Abad, dont l'article a été supprimé pas moins de 10 fois : 4 fois hors critères, 3 fois pour PàS, 3 fois pour purge d'historique. Bravo.

La morale de cette histoire ? Il n'y en a pas.

mercredi 13 juin 2012

L'art contemporain n'existe pas



Sur ce blog, il y a un peu plus de 3 ans, j'évoquais en passant un économiste américain qui avait compté les apparitions d'œuvres d'art contemporaines dans les manuels d'histoire de l'art récents afin d'établir un classement des œuvres les plus influentes. Ce classement n'était pas accessible en ligne et c'était un peu dommage.

Je ne sais pas pourquoi ça m'est repassé par la tête récemment. Après une brève recherche, je suis tombé sur un type qui a fait la même chose avec quelques manuels, mais qui a eu la bonne idée d'en autoriser l'accès en ligne. Du coup, ça donne une liste de 100 œuvres plutôt pertinente, qui couvre un peu tout le 20e siècle (pour peu quand même qu'on se limite aux hommes blancs morts et qu'on ne cherche pas d'installation, de performance ou des trucs trop bizarres comme l'art sonore ; la méthode a forcément ses limites).

Comme on ne se refait pas, je suis allé voir ce qui existait dans Wikipédia à propos de ces œuvres. Vous vous en doutez : c'est la cata.

Visiblement, sur fr:, on ne semble pas considérer les œuvres d'art comme sujets à part entière. Les artistes, oui, certes ; leurs œuvres, non. Est-ce parce qu'on est un peu habitué à voir des artistes hanter les médias pour parler d'eux et pas de leur production ? Parce que l'œuvre nous semble annexe par rapport au nom de son créateur ? Ou simplement parce que l'art du siècle passé nous est tellement méconnu que nous ne pouvons citer aucun exemple, nous contentant de sortir des visages ? Toujours est-il que l'art contemporain est bien mal traité sur Wikipédia.

Du coup, je me suis mis en tête d'ébaucher chacune des 100 œuvres citées plus haut (je n'irai pas plus loin que l'ébauche, l'art n'étant pas ma spécialité). Tout est un peu à faire. Ici aussi, la peur du lien rouge sévit à fond : il me semble qu'aucun lien ne pointait vers les articles créés avant que je n'intervienne. Les listes d'œuvres d'un artiste, quand elles existent, sont incomplètes et insérées directement dans l'article principal sans aucune wikification (pour info, celles de De Chirico avant et après). La misère, je vous dis.

Et puis, quand on se penche un peu dessus, on sent que la question n'a jamais vraiment été abordée : les limites techniques sont nombreuses. L'infobox Art est sympathique, mais pas très vite limitée : que faire quand une sculpture est fondue à plusieurs exemplaires et qu'il est impossible de donner une seule localisation de l'œuvre, par exemple ? Et quand on aborde une série d'œuvres comme les Cathédrales de Rouen de Monet, doit-on créer un article pour chacune ? Quelle infobox utiliser ? Personne ne s'est visiblement interrogé sur le sujet. Ou alors je m'en fait trop, je ne sais pas.

D'un autre côté, c'est l'assurance d'avoir encore du boulot sur Wikipédia pendant quelques temps. C'est toujours ça de pris. Soyons optimiste.

PS : pendant que je créais de l'article, j'ai appris la mort de Georges Mathieu. Si vous être un français d'un certain âge, vous êtes déjà tombé sur l'une de ses œuvres, vu qu'il avait atteint un statut d'artiste quasi-officiel de la République française il y a une quarantaine d'années... Étonnant d'apprendre ça à ce moment là.

lundi 14 mai 2012

Créer du contenu sur Wikipédia

Plaque de cocher, Charenton-le-Pont, Seine
Tout a commencé par une simple plaque...

Ce blog parle essentiellement de Wikipédia parce que j'ai choisi de ne pas y raconter ma vie. Contrairement à ce que prétendent certaines personnes qui ont mis dans le mille qui ne cherchent qu'à médire de moi, j'ai une vie en dehors des projets Wikimedia. Par exemple, j'aime beaucoup me balader et le soleil renaissant m'y invite ces derniers jours. Et quand je me balade, il m'arrive de tomber sur des trucs sympas.

Hier, je longeais la rue de la Liberté à Charenton afin de rejoindre le bois de Vincennes quand à un carrefour, j'ai aperçu la plaque ci-dessus, accrochée au mur à bonne hauteur. Une plaque de fonte bleutée indiquant ma présence sur un chemin vicinal ordinaire, dans le département de la Seine. Bref, ça ne semble pas dater d'hier. Je la prends en photo, en balançant des regards sombres aux habituels passants soupçonneux qui n'ont jamais vu un appareil photo de leur vie. Je continue mon chemin. Et après un moment, je rentre chez moi.

Je développe la pellicule dans mon labo photo personnel, transférant directement le négatif dans l'ordinateur grâce à mon bac photographique à port USB. Et puis je sais pas, c'est dimanche, les oiseaux chantent encore alors je balance l'image sur Commons. Ça ne sera pas la photo du siècle, ni même une FP, mais ça me fait plaisir.

Et puis comme c'est dimanche et que les oiseaux chantent encore, je dégaine mon Google et je cherche voir un peu ce que c'est que cette plaque en fonte bleutée. Je trouve assez vite la réponse : c'est une plaque de cocher, un modèle indicateur installé en France vers la fin du 19e siècle, en hauteur pour que les cavaliers puissent les lire. Visiblement, il s'agit d'un des premiers exemples de signalétique de distance jamais mis en place à l'échelle d'un pays. La France en a compté plusieurs milliers à l'aube de la Première Guerre mondiale. Michelin les a bien sûr rendu totalement obsolètes, mais on continue à en trouver un peu partout.

Fichtre, me dis-je à moi-même tout seul. Et Wikipédia n'en parle même pas ? C'est quoi cette histoire ? Constatant que la question est évacuée d'un bref paragraphe dans l'article « Cocher (hippomobile) », je ponds rapidement une ébauche sur le sujet. Puis je crée la catégorie équivalente sur Commons et y rapatrie rapidos une vingtaine de photos. Du travail bien fait.

Une excellente façon de conclure le week-end, quoi.

dimanche 29 avril 2012

Licence ouverte

Les trucs que tu fais, quand t'as les données qu'il faut...
Une fois qu'on a les données qu'il faut, on fait un peu n'importe quoi avec.

Le problème avec la liberté c'est que les gens l'utilisent alors qu'on pensait juste leur refiler les restes.
En France, on a des régions, des départements, des arrondissements, des cantons et des communes. Beaucoup de communes. Genre, des tonnes. Plus de 36 000, même. Du coup, le pays possède un maillage assez fin de son territoire au niveau communal.

Jusqu'à pas très longtemps, sur Commons, le département était ce qu'on avait de mieux comme découpage pour les cartes. Impossible de descendre plus bas : j'ai longtemps cherché un moyen de produire des cartes communales avant de me résigner. Trop de boulot à faire à la main et les données existantes ne pouvaient pas être utilisées pour les projets Wikimedia. Oh, bien entendu, l'IGN avait ces données, mais il ne les filait pas comme ça (j'imagine qu'il n'en avait de toute façon pas le droit).

Et puis la vague de l'open data est arrivée dans le pays. La semaine dernière, à l'approche des élections présidentielles, je me suis souvenu que ça serait vachement cool d'avoir des cartes permettant d'afficher les résultats par commune. Alors, j'ai tripoté un peu mon Google sans trop rien en attendre, arrivant comme prévu sur la page « GEOFLA » de l'IGN. Sauf que là, je vois que le texte a changé. Désormais, un gros logo « Licence ouverte » est affiché, avec la mention suivante : « La réutilisation de GEOFLA® est gratuite pour tous les usages, y compris commerciaux, selon les termes de la "licence ouverte" version 1.0. ».

Woah.

Je te télécharge tout ça, tente de comprendre le format shapefile, finis par télécharger le logiciel Shp 2 KML, convertis les données dans un format KML que je peux comprendre, trafique le tout à grands coups de regex dans ta face. Quelques boucles Perl plus loin, j'ai généré une centaine de fichiers SVG, décrivant chacun la division d'un département en communes. J'uploade le tout sur Commons et tout le monde est content.

Une fois l'élection passée, il me suffit d'avoir les résultats par commune, de les combiner avec une carte de France et hop ! voilà l'image tout en haut de ce billet. L'open data, quand on a les données, c'est tout simple.

lundi 16 avril 2012

Cheminées, moulins et toutes ces sortes de choses

Le moulin de Birlot, à Bréhat. Il est mignon, non ?
Sur Internet, on trouve des passionnés pour tous les sujets. Il n'y a pas longtemps, je suis tombé sur la Commission française pour la protection du patrimoine historique et rural (contrairement à ce que son titre laisse entendre, c'est juste une assoce, hein). On y trouve des listes de petit patrimoine : des décrottoirs, des bornes, des lanternes des morts... En tombant sur les cheminées géodésiques, je me suis dit que ça serait un bon sujet d'articles pour Wikipédia. Du coup, je l'ai créé. Et puis Herr Satz est venu rajouter la liste de ces cheminées en France (comme ce sont des repères géodésiques, on pourrait géolocaliser au centimètre près : ça doit être la liste la plus précise de Wikipédia). Et puis Jack ma est passé clarifier l'utilisation de ces bidules. Un bon travail d'équipe, sans que personne ne se concerte ni ne planifie rien. Le pur wikidream, quoi.

Hier, je me suis mis en tête de pondre la liste des moulins à marée de France. Comme je sais qu'il en existe un bon paquet sur la côte atlantique, j'en avais un peu marre qu'on cite toujours les mêmes deux-trois exemples... En fouillant un peu, j'en ai listé 71, tous bien géolocalisés. Reste plus qu'à prendre des photos.

La morale de cette histoire, c'est qu'on trouve bien une foultitude de sites de passionnés, mais qu'ils sont vraiment tous mal foutus : navigation difficile, infos éparpillées et j'en passe. Le pire, c'est généralement l'absence complète de localisation précise (va-t-en retrouver un p'tit monument quand on te file juste le nom de la commune...)

Sur Wikipédia, les listes (triables) ont été créées en quelques minutes, les coordonnées précises rajoutées au fil de l'eau, les images récupérées sur Commons. La présentation est claire, les infos sont accessibles. Il faudrait réussir à convaincre tous ces sites éparpillés que Wikipédia et Commons pourraient grandement leur simplifier le boulot, tout en multipliant leur visibilité...

Bon, la prochaine fois, j'essaye de faire un truc avec les moulins à vent ou les pompes Dragor. Don Quichotte et les Shadoks, c'est approprié, non ?

mercredi 4 avril 2012

Provins

Il y a une dizaine de jours, une demi-douzaine de Wikipédiens se sont retrouvés à Provins. Le but : prendre des photos. D'un peu tout. Oh, l'idée de base, c'était de prendre les monuments historiques du coin, alors on avait sorti une carte et tout. Mais ça, c'est un peu le prétexte à la balade.

Globalement, c'était sympa. Il a fait un temps magnifique, la ville est plutôt chouette et la catégorie dédiée compte déjà plus de 400 photos.

Par contre, la prochaine fois, il faudra peut-être s'organiser un peu mieux. Parce que sinon, on se retrouve avec ce genre d'uploads :