dimanche 29 avril 2012

Licence ouverte

Les trucs que tu fais, quand t'as les données qu'il faut...
Une fois qu'on a les données qu'il faut, on fait un peu n'importe quoi avec.

Le problème avec la liberté c'est que les gens l'utilisent alors qu'on pensait juste leur refiler les restes.
En France, on a des régions, des départements, des arrondissements, des cantons et des communes. Beaucoup de communes. Genre, des tonnes. Plus de 36 000, même. Du coup, le pays possède un maillage assez fin de son territoire au niveau communal.

Jusqu'à pas très longtemps, sur Commons, le département était ce qu'on avait de mieux comme découpage pour les cartes. Impossible de descendre plus bas : j'ai longtemps cherché un moyen de produire des cartes communales avant de me résigner. Trop de boulot à faire à la main et les données existantes ne pouvaient pas être utilisées pour les projets Wikimedia. Oh, bien entendu, l'IGN avait ces données, mais il ne les filait pas comme ça (j'imagine qu'il n'en avait de toute façon pas le droit).

Et puis la vague de l'open data est arrivée dans le pays. La semaine dernière, à l'approche des élections présidentielles, je me suis souvenu que ça serait vachement cool d'avoir des cartes permettant d'afficher les résultats par commune. Alors, j'ai tripoté un peu mon Google sans trop rien en attendre, arrivant comme prévu sur la page « GEOFLA » de l'IGN. Sauf que là, je vois que le texte a changé. Désormais, un gros logo « Licence ouverte » est affiché, avec la mention suivante : « La réutilisation de GEOFLA® est gratuite pour tous les usages, y compris commerciaux, selon les termes de la "licence ouverte" version 1.0. ».

Woah.

Je te télécharge tout ça, tente de comprendre le format shapefile, finis par télécharger le logiciel Shp 2 KML, convertis les données dans un format KML que je peux comprendre, trafique le tout à grands coups de regex dans ta face. Quelques boucles Perl plus loin, j'ai généré une centaine de fichiers SVG, décrivant chacun la division d'un département en communes. J'uploade le tout sur Commons et tout le monde est content.

Une fois l'élection passée, il me suffit d'avoir les résultats par commune, de les combiner avec une carte de France et hop ! voilà l'image tout en haut de ce billet. L'open data, quand on a les données, c'est tout simple.

lundi 16 avril 2012

Cheminées, moulins et toutes ces sortes de choses

Le moulin de Birlot, à Bréhat. Il est mignon, non ?
Sur Internet, on trouve des passionnés pour tous les sujets. Il n'y a pas longtemps, je suis tombé sur la Commission française pour la protection du patrimoine historique et rural (contrairement à ce que son titre laisse entendre, c'est juste une assoce, hein). On y trouve des listes de petit patrimoine : des décrottoirs, des bornes, des lanternes des morts... En tombant sur les cheminées géodésiques, je me suis dit que ça serait un bon sujet d'articles pour Wikipédia. Du coup, je l'ai créé. Et puis Herr Satz est venu rajouter la liste de ces cheminées en France (comme ce sont des repères géodésiques, on pourrait géolocaliser au centimètre près : ça doit être la liste la plus précise de Wikipédia). Et puis Jack ma est passé clarifier l'utilisation de ces bidules. Un bon travail d'équipe, sans que personne ne se concerte ni ne planifie rien. Le pur wikidream, quoi.

Hier, je me suis mis en tête de pondre la liste des moulins à marée de France. Comme je sais qu'il en existe un bon paquet sur la côte atlantique, j'en avais un peu marre qu'on cite toujours les mêmes deux-trois exemples... En fouillant un peu, j'en ai listé 71, tous bien géolocalisés. Reste plus qu'à prendre des photos.

La morale de cette histoire, c'est qu'on trouve bien une foultitude de sites de passionnés, mais qu'ils sont vraiment tous mal foutus : navigation difficile, infos éparpillées et j'en passe. Le pire, c'est généralement l'absence complète de localisation précise (va-t-en retrouver un p'tit monument quand on te file juste le nom de la commune...)

Sur Wikipédia, les listes (triables) ont été créées en quelques minutes, les coordonnées précises rajoutées au fil de l'eau, les images récupérées sur Commons. La présentation est claire, les infos sont accessibles. Il faudrait réussir à convaincre tous ces sites éparpillés que Wikipédia et Commons pourraient grandement leur simplifier le boulot, tout en multipliant leur visibilité...

Bon, la prochaine fois, j'essaye de faire un truc avec les moulins à vent ou les pompes Dragor. Don Quichotte et les Shadoks, c'est approprié, non ?

mercredi 4 avril 2012

Provins

Il y a une dizaine de jours, une demi-douzaine de Wikipédiens se sont retrouvés à Provins. Le but : prendre des photos. D'un peu tout. Oh, l'idée de base, c'était de prendre les monuments historiques du coin, alors on avait sorti une carte et tout. Mais ça, c'est un peu le prétexte à la balade.

Globalement, c'était sympa. Il a fait un temps magnifique, la ville est plutôt chouette et la catégorie dédiée compte déjà plus de 400 photos.

Par contre, la prochaine fois, il faudra peut-être s'organiser un peu mieux. Parce que sinon, on se retrouve avec ce genre d'uploads :

samedi 25 février 2012

Citoyenneté numérique (la vraie)

J'avoue, sur Wikipédia, on associe souvent mon nom à des tas de trucs géographiques un peu bizarres comme les frontières, les tripoints ou les points extrêmes. Et aux listes, aussi. Je ne vais pas nier, ça serait inutile. On a tous sa marotte, après tout.

Un beau jour de juin 2005, j'ai créé la liste des départements français classés par altitude. Je ne sais plus trop quel était l'argument derrière, mais je crois me souvenir d'une période très ennuyeuse au boulot, juste avant les départs en vacances. J'avais probablement été inspiré par la list of U.S. states by elevation d'en:. Et puis il existe des sites spécialisés dans ce genre de trucs, comme Peakbagger.

Il y a deux jours, El Caro lance sur Twitter : « cette carte me fait penser à Poulpy. » Cette carte, c'était la « Carte comparative des principales altitudes de la France par département », par Hippolyte Malègue (1897), disponible sur Gallica. Un bonheur kitsch pur jus 3e République, le genre de truc qu'on exposait dans les salles de classes afin d'édifier les foules et de souder la Nation en vue de foutre la pâté aux Boches. L'équivalent des infographies qu'on voit passer un peu partout, mais dessiné à la main avec amour. Ce document présente une sorte de coupe schématique de chaque département métropolitain de l'époque, avec les points culminants, les altitudes des grandes villes et le niveau le plus bas. C'est mignon et plutôt bien foutu. Et donc, oui, ça fait penser à moi (et si monsieur Malègue, en 1897, a jugé bon de sortir cette carte, vous serez bien gentils à l'avenir d'arrêter de faire les malins en prétendant que j'ai des idées débiles qui n'intéressent personne).

Bon. Le Malègue, il est mort en 1901. La carte, ça fait donc un paquet d'années qu'elle est dans le domaine public. Là, je me dis : ça serait cool de mettre ça sur Commons, quoi. Et puis alors je constate que je ne sais pas trop comment transférer un docu de Gallica sur Commons, mais Pyb me dit : « viens ce soir, on va picoler avec d'autres Wikipédiens, je t'expliquerai. » Mais ce soir là, faut avouer qu'on a surtout picolé et pas trop parlé du transfert. On a mangé des pizzas, aussi. C'était bon mais un peu trop copieux. Et puis je suis tombé sur un truc bizarre rue Saint-Maur en rentrant alors j'ai édité plus tard l'article sur la rue Saint-Maur, qui était vraiment en déshérance.

Le lendemain, Pyb m'a filé l'url du script pour le transfert. C'était en Python, alors j'ai installé Python sur ma machine. Et puis j'ai installé une extension pour avoir une interface graphique. Et puis j'ai installé une extension pour télécharger des extensions. Et puis j'ai téléchargé ensuite cinq ou six packages pour résoudre les dépendances. Et puis au 100e message d'erreur, j'en ai eu marre d'avoir encore à faire de la divination dans les fichiers de configs alors que les années 2010 sont déjà avancées (surtout que ça me rappelle le boulot ; sauf qu'au boulot, je suis payé pour, alors je fais avec). Donc j'ai dit : « ¡Ya basta! Je vais le faire moi-même tout seul ». Alors je l'ai fait moi-même tout seul.

Non, parce que Gallica, y sont bien gentils, mais ils refusent obstinément de fournir leurs documents scannés autrement qu'en format timbre poste. Oh, bien sûr, il existe toute une machinerie compliquée pour zoomer sur le document, à base de Flash et d'ergonomie pourrie, mais il semble que Monsieur Gallica n'ait pas véritablement pigé le concept du domaine public (ou de la bibliothèque, ou de l'accès à la culture, ou du service public, ou de tout un tas de choses qu'on va vous bassiner les oreilles en France avec jusque debut mai sans jamais y croire un instant, parce qu'un citoyen n'est jamais qu'un blaireau muni du droit de vote). Donc au lieu de télécharger le document chez moi et d'en faire ce que je veux (puisque j'ai le droit inaliénable d'en faire ce que je veux, y compris de l'imprimer en A3, de le rouler et de me le fourrer dans le cul), je suis contraint de passer par une interface à la con même pas pratique. Si je veux avoir accès à la version grand format de ce document (dans le domaine public, est-ce que je l'ai déjà précisé ?), la Bibliothèque nationale de France (un service public à vocation culturelle, est-ce que je l'ai déjà précisé ?) m'insulte carrément en me fournissant un formulaire à remplir pour que, moyennant finances, je puisse mettre la main dessus. Au bout d'un certain temps. On verra. Si on veut bien.

Là, j'avoue, j'ai pris ça comme un défi.

Tout d'abord, j'ai lancé le live de Byetone à la Gaîté Lyrique, car ce genre de choses doit s'effectuer en musique (c'était la soirée annniversaire de Raster-Noton, l'un des labels musicaux les plus importants des 15 dernières années). Puis, ayant constaté que lorsque le zoom maximal était enclenché, les images formaient une mosaïque avec un codage séquentiel du type « btv1b8441601z.f1&l=6&r=X*256,Y*256,256,256 », j'ai lancé mon Perl et codé une moulinette de quelques lignes. 10 minutes plus tard, je me retrouvais avec 1 376 morceaux de cartes qu'il suffisait de réassembler. Facile.

Le réassemblage. J'ai bien cherché, mais je n'ai pas trouvé de logiciel qui faisait ça. Oh, je ne doute pas que ça existe, bien sûr, mais comme j'étais un peu énervé (surtout après avoir headbangué tout seul devant mon écran tandis que les fichiers se téléchargaient), je suis allé me faire une tisane aux fruits rouges. J'ai tout une boîte de sachets de tisane aux fruits rouges que ma colocataire a ramené un jour de je-ne-sais-où et que j'espère finir avant 2015 (si vous voulez la tester, venez chez moi, on parlera et je vous montrerai ma collection de Rubik's Cubes). Forcément, j'en ai eu marre de chercher et je me suis décidé à le faire également moi-même. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? J'ai donc tout converti en fichiers TGA non compressés, histoire de ne pas m'emmerder avec des encodages superfétatoires et j'ai pondu une deuxième moulinette en C pour générer un fichier complet. Et j'ai chargé le résultat final sur Commons, avec les modèles qui allaient bien. Et j'ai utilisé l'image sur Wikipédia pour finir. Victoire était mienne.

Cette histoire a une double morale. La première, c'est que les services publics ne le sont pas une seule seconde, même (surtout ?) quand ils prétendent être au service du peuple. Gallica, sache que ce soir là, j'ai vu en toi un ennemi qui me refusait l'accès à ce qui n'est rien d'autre que mon propre bien. Je t'aime bien et tout, tu possèdes tout un tas de documents super utiles, mais tu ne réponds pas aux exigences les plus élémentaires du service public : être au service du public. Et ne va pas prétendre le contraire, mon expérience d'hier soir est assez explicite sur ce point.

La deuxième morale : j'ai effectué toutes ces manipulations parce qu'elles sont aussi naturelles pour moi que d'aller faire des courses à la superette du coin. Elles forment la base de mon boulot, à tel point que personne ne se demande si je les possède. Savoir pondre une moulinette, c'est aussi évident que de taper au clavier. Et là, je pense à pas mal de trucs qui sont revenus ces derniers temps : oui, la citoyenneté contemporaine, ça passe par la maitrise des outils informatiques. Ce que j'ai fait, c'est du pur hacking. J'ai utilisé mes connaissances dans un sens imprévu afin de reconquérir ce qui m'était justement dû. Sérieusement, vous trouvez ça normal ?

Les enfants, faites comme moi : prenez des ordinateurs quand vous êtes jeunes, faites n'importe quoi avec et amusez-vous. Même si vous ne terminez pas dans un boulot informatique pur et dur, vous saurez quoi faire si the Man tente de vous opprimer. C'est comme le bricolage : vous savez planter un clou, trouer un mur à la perceuse, changer une vitre ? Vous devriez également savoir créer une moulinette pour récupérer des images. Votre futur est à ce prix, et je ne pense même pas exagérer en écrivant ça.

mardi 24 janvier 2012

Rêves anarchiques

Dans la communauté wikimédienne, tout le monde a déjà parlé de SOPA ou de la remise sous copyright d'œuvres du domaine public (un pur scandale, ce truc là : si le domaine public est une propriété commune, n'est-ce pas un vol pur et simple ?) et en mieux que je ne peux le faire. Alors je vais parler d'autre chose, forcément.

J'ai vu passer ça hier soir sur Twitter : Koregos. Une encyclopédie dédiée aux Arts, créée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Textes volontairement pointus, signés et validés par un comité de lecture : la routine. La comparaison avec Wikipédia est inévitable : Le Vif le dit d'entrée : "Vous cherchez une doc sérieuse et gratuite sur les haïkus, la statuaire primitive ou l'orientalisme ? Oubliez Wikipédia." La Libre Belgique définit carrément le site ainsi : "Koregos, le Wikipédia qualitatif". Deux exemples, deux comparaisons en creux : Wikipédia, en gros, c'est pour les p'tits rigolos.

Bon, ce n'est pas la première fois qu'on nous sort ça. Des sites qui devaient révolutionner l'approche encyclopédique et corriger les erreurs de Wikipédia, on en a eu des tonnes. Parfois, ces sites n'étaient qu'une tentative de surfer sur la hype (vous vous souvenez de Larousse ?) ; d'autres fois, ce n'étaient juste que des portails spécifiques, ce qui est éventuellement très bien mais qui n'a pas grand chose à voir avec Wikipédia. C'est peut-être le cas de Koregos, je n'en sais rien. Si ça se trouve, c'est un excellent outil.

Une constante : Wikipédia n'est jamais présentée comme un modèle, toujours une anomalie. Le processus colaboratif n'est pas perçu comme une méthode viable, mais comme le chaos. Les contributeurs de Wikipédia ne sont jamais des types sérieux qui maitrisent leur sujet, mais des amateurs un peu dingues et vaguement immatures. Bref : le modèle wikipédien est erroné. Il n'existe que parce que les gens importants n'ont pas encore eu le temps de se pencher sur la question. Mais quand ils vont le faire, ça va poutrer sa culture !

Déprimant.

Oh, ce n'est pas l'accusation d'amateurisme qui est déprimante (après tout, c'est exact). Ce n'est pas non plus le vague sourire de commisération qu'on perçoit au détour de ces textes (haussons les épaules, c'est plus simple). Ce qui est déprimant, c'est cette incompréhension profonde de ce que signifie Wikipédia. Wikipédia, ce sont des types qui réalisent quelque chose juste en bossant ensemble. Wikipédia, c'est faire confiance aux gens. Wikipédia, c'est une technique simple qui fonctionne et on laisse les utilisateurs faire le reste. Wikipédia, ce n'est pas un comité qui décide des actions du jour. Wikipédia, c'est tout le monde qui se prend en main. Wikipédia, c'est la pensée positive du mec qui décide d'améliorer ce qui ne lui convient pas plutôt que de râler. Wikipédia, c'est l'idée incroyable que, oui, au fond, tout le monde est un être humain qui peut participer comme les autres. Wikipédia, c'est la liberté, la vraie, pas le concept théorique qu'on définit en le rabiotant de tous côtés. C'est vrai, Wikipédia a des tonnes de problèmes : la qualité est inégale, on y trouve de vraies pures conneries, les engueulades y sont parfois à se flinguer. Et alors ? Vous croyez que personne n'a jamais remarqué ça et n'essaye de corriger le tir ? Vous pensez vraiment que la meilleure chose à faire, c'est de balancer tout le système à la poubelle et de faire strictement l'inverse ?

Pour moi, Wikipédia est la preuve que si on a les moyens technologiques adéquats, on peut parfaitement laisser tout le monde décider selon ses capacités et ses désirs. C'est une pensée rassurante : toute la hiérarchie pesante des mecs qui décident pour vous, ce n'est pas une fatalité. Venez vous frotter un peu au projet : quand on tentera de vous voler vos droits, quand des types en costard viendront vous dire qu'ils savent mieux que vous ce qui est bon et bien, vous saurez un peu mieux si vous pouvez être d'accord ou au contraire leur faire un bras d'honneur.

lundi 2 janvier 2012

2011 est mort, vive la mort

2011 s'est éteint seul, dans son appartement. L'enterrement s'est tenu dans le strict cercle familial. Ni fleurs, ni couronnes.

Rétrospectivement, je n'ai quasiment rien foutu sur Wikipédia en 2011. Oh, bien sûr, j'ai créé de la coquille vide à la pelle et merci Coyau de m'avoir parlé d'AutoWikiBrowser. Les gens en ont l'air satisfait, c'est chouette. (Bien sûr, je me prends des menaces de mort dès que je ponds plus de cent articles d'un coup, la dernière fois pas plus tard qu'hier ; bonne année. Mais c'est somme toute marginal.)

J'ai quand même l'impression que je n'ai pas été très impliqué, que tout s'est fait sans moi. Si j'avais été impliqué, c'est 100 000 articles que j'aurais rajoutés, pas 10 000. Et ils auraient été plus longs.

Non, rien à redire : 2011 fut une mauvaise année pour moi.

vendredi 16 décembre 2011

Culture clash

Connaissez-vous la différence fondamentale entre Wikipedia en anglais et Wikipédia en français ?

Elle est très simple. On la trouve sur la barre de navigation, à gauche.

Voici la française :


Voici l'anglaise :


Comme vous pouvez le constater, il n'y a pas énormément de différences. Mais le fossé qu'elles masquent, lui, est immense.